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La France en guerre.

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Pasdeparanoia
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MessageSujet: La France en guerre.   Lun 22 Sep - 15:22

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le 19 septembre 2008.

Messieurs,
C’est avec intérêt que j’ai pris connaissance de votre lettre du 13 septembre sur
l’Afghanistan.
J’attache la plus grande importance au débat proposé par le gouvernement à la
représentation nationale, le 22 septembre. Il s’inscrit dans le cadre du renforcement des
droits du Parlement que j’ai souhaité avec la réforme constitutionnelle et parce que
l’avenir de l’Afghanistan constitue un enjeu majeur pour la sécurité de notre pays et
pour les valeurs que nous défendons. J’ai la conviction que l’action internationale de la
France gagne en légitimité et en force quand elle est débattue de manière ouverte et
transparente. Votre démarche est donc la bienvenue. Le Premier ministre et moi en
attendons un débat constructif.
Je souhaite partager avec vous le sens de l’action que la France a engagé depuis
2007.
Je me réjouis d’abord que vous affirmiez que la participation de la France à
cette entreprise essentielle n’est pas remise en cause par l’opposition.
Cet engagement est d’une importance cruciale pour notre pays, mais aussi pour nos
plus proches partenaires. Un débat sur l’engagement en Afghanistan va d’ailleurs se
tenir prochainement au Bundestag. Le gouvernement de coalition va proposer un
important renforcement des effectifs des forces allemandes en Afghanistan.
Si nous sommes présents en Afghanistan, c’est parce qu’il s’agit d’un enjeu
majeur.

Majeur pour la lutte contre le terrorisme d’inspiration djihadiste qui menace nos
territoires et nos intérêts comme il menace le monde, en Asie, au Moyen Orient, en
Afrique, en Europe comme en Amérique. Il n’est pas acceptable que se réinstalle à
Kaboul un régime qui a soutenu et soutiendrait à nouveau le terrorisme.
Majeur face à la barbarie de ceux qui bafouent nos valeurs humanistes et
démocratiques tout autant que celle d’un Islam tolérant et ouvert, auquel aspire
l’immense majorité des musulmans du monde.
Majeur pour les hommes et les femmes d’Afghanistan, qui n'aspirent qu’à
reconstruire leur pays dans la paix, après les années de souffrance qu’ils ont endurées
du fait des Talibans.
Depuis 2001, des progrès considérables ont été réalisés dans les domaines des
institutions démocratiques, de la reconstruction, des droits des femmes. Nous devons
être fiers de ce qui a été accompli. Souvenons-nous de ce qu’était devenu ce pays sous
le régime Taliban. Rien n’aurait été possible sans l’effort militaire international, sans
le sacrifice de soldats français et celui de tant de leurs camarades afghans et des forces
internationales. Bien sûr, comme vous le soulignez, nous ne sommes pas au bout du
chemin. Les insurgés restent très actifs dans les régions de l’Est et du Sud ; le trafic de
la drogue alimente le financement de l’insurrection ; la reconstruction est trop lente et
la corruption trop répandue ; l’Etat afghan reste faible.
La tâche reste donc considérable, plus encore sans doute que dans d’autres pays
qui ont connu la guerre ou l’oppression. Face à l’ampleur de la tâche, la communauté
internationale doit rester engagée, comme elle a su le faire depuis longtemps au Liban,
en Afrique ou dans les Balkans.
Vous demandez que la France propose à ses Alliés un débat sur notre
engagement commun.
En 2007, j’ai fait le constat qu’une remise en perspective était nécessaire, avec
des objectifs clairs, une coordination efficace, des moyens accrus. Mais pour que le
message de la France soit entendu, encore fallait-il que son engagement soit au moins
à la hauteur de celui de ses principaux Alliés européens.
C’est ce que nous avons fait.
Dès le 27 février, j’ai lancé le débat que vous appelez de vos voeux. J’ai adressé
aux Chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Alliance et au Président Karzaï une lettre
présentant les quatre conditions qui étaient, à notre sens, celles du succès : un
engagement dans la durée, une coordination renforcée des volets civil et militaire, un
transfert progressif des responsabilités de sécurité aux Afghans, une stratégie partagée
pour un Afghanistan stabilisé, réconcilié avec lui-même, débarrassé du terrorisme et
du trafic de drogue. Enfin, je rappelais l’importance du rôle du Pakistan.
Le Sommet de Bucarest en avril s’est conclu sur l’adoption d’une telle stratégie,
dont la clé est la prise en charge par les Afghans de leurs responsabilités de sécurité là
3
où la situation le permet, grâce à la montée en puissance de l’Armée Nationale
Afghane. La mise en oeuvre a commencé avec le transfert le 28 août de la
responsabilité du district de Kaboul. Il va se poursuivre dans la région Centre, dont la
France assume le commandement pendant un an. Les forces internationales y resteront
en soutien des forces afghanes.
Il est clair pour les partenaires engagés en Afghanistan sous mandat de l’ONU,
dont tous les Etats membres de l’Union Européenne à l’exception de Chypre et de
Malte, que nous n’avons pas vocation à rester éternellement en Afghanistan. Mais nos
responsabilités vis-à-vis de la communauté internationale et du peuple afghan font que
nous resterons aussi longtemps que nécessaire et si le gouvernement démocratique
d’Afghanistan le souhaite. Il serait indigne de la France de renoncer. Et rappelons-nous
que quand la communauté internationale s’est détournée de l’Afghanistan, au sortir de
la guerre froide, ce sont les Talibans qui ont pris le pouvoir par la force, avec les
conséquences que l’on connaît. Nous jugerons donc, avec nos Alliés, de l’évolution du
dispositif militaire à la lumière des conditions de sécurité dans le pays. Un calendrier
artificiel ne ferait que servir les intérêts des terroristes.
Comme vous, je souhaite que d'autres pays rejoignent les 40 pays déjà présents,
dès lors qu’ils auraient les moyens militaires nécessaires. Ils seront les bienvenus. De
même, je reconnais l’importance de développer le dialogue avec le Pakistan, lui-même
affecté par le terrorisme. C’est pour cela que j’ai rencontré le Général Musharaf en
2007 et que Bernard Kouchner est allé à Islamabad le 1er janvier pour soutenir la
démocratie après l’assassinat de Benazir Bhutto. Je rencontrerai d’ailleurs le Président
Zardari à New-York le 22 septembre pour l’encourager à agir avec détermination
contre le terrorisme et ses soutiens.
La stabilisation par des moyens militaires est indispensable mais doit s’inscrire
dans une stratégie globale. Elle va de pair avec la reconstruction. C’est pour cela que
la France a organisé en juin à Paris une conférence de soutien à l’Afghanistan, à
laquelle 80 pays ont participé, en présence du Président Karzaï, du Secrétaire général
de l’ONU et du Coordonateur qu’il a nommé, M. Kaï Eide. Une vision nouvelle de
l’effort de reconstruction et des priorités ont été agréés pour les 5 ans à venir et 20
Mds $ d’aide ont été rassemblés jusqu’en 2010. La France, pour sa part, a plus que
doublé son aide bilatérale, une aide centrée sur l’agriculture, la santé et l’éducation.
Vous mentionnez à juste titre la réconciliation. Tous les Alliés soutiennent une
approche politique offrant à ceux qui le veulent sincèrement, la possibilité de trouver,
par le dialogue, leur place dans le nouvel Afghanistan. Mais nous ne sommes ni une
force d’occupation, ni des colonisateurs. La responsabilité de cette réconciliation
appartient aux autorités afghanes. Nous devons respecter leur souveraineté. C’est ce
que cherche à promouvoir le Président Karzaï et nous soutenons ses efforts.
J’ajoute que pour moi, notre succès en Afghanistan passe aussi par le respect de
ses traditions. Nous devons agir avec et pour les Afghans. Nous ne sommes pas là pour
imposer des modèles importés ou bouleverser la société afghane, comme les Talibans
avaient essayé de le faire.
4
Les discussions au sein de l’Alliance et des pays donateurs vont naturellement
se poursuivre, en liaison avec les Afghans, pour nous assurer de la mise en oeuvre des
objectifs fixés à Bucarest et Paris.
Alors que vos groupes parlementaires s’apprêtent à prendre position sur une
question qui engage notre sécurité, nos valeurs et notre place dans le monde, je tenais à
partager avec vous mes convictions. Le Premier Ministre s’exprimera devant le
Parlement lundi prochain. Le Ministre des Affaires étrangères et européennes et le
Ministre de la Défense répondront aux questions.
Je crois qu’il est particulièrement important que la représentation nationale, à
l’issue d’un débat digne et à la hauteur de la gravité de l’enjeu, exprime à nos soldats
et au peuple afghan le soutien clair qu’appelle leur courage face à la barbarie.
Je vous prie d’agréer, Messieurs, l’assurance de ma haute considération.

Nicolas Sarkozy
_________________
Wahou ! Elle est énorme !
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SAC
Apprenti utopiste
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Inscrit le : 13 Sep 2008
Messages : 80

MessageSujet: Re: La France en guerre.   Lun 22 Sep - 20:02

Elle l'est depuis 2001.
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