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Aux pays de bisounours

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karg se
Ayatollah
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MessageSujet: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 8:28

Citation:
Au royaume de l'insouciance
LE MONDE | 09.09.08


Bisounours Land

Est-il possible d'avoir 20 ans et de penser, contrairement à Paul Nizan, que c'est "le plus bel âge de la vie" ? Est-il pensable, le bac en poche, de se dire qu'on a tout le temps - cinq, huit, pourquoi pas dix ans - pour flâner, butiner, tâtonner, explorer, à la recherche de soi, et d'une voie idéale menant à l'épanouissement ? Est-il concevable, enfin, d'étendre cette période délectable de la "jeunesse" sans la moindre anxiété d'origine matérielle ou de recherche d'emploi ? Mieux : avec la quasi-certitude que les virages, secousses, et multiples expériences du parcours - fût-il vagabond et chaotique - éveilleront chez un employeur potentiel respect, admiration... et se monnaieront ?

Nous sommes décidément loin de Paris et des angoisses qui, d'après tous les sondages, plombent le moral des jeunes Français ainsi que celui de leurs parents. Ici, à Bisoucity, la jeunesse à bicyclette se dit résolument "chanceuse et optimiste". Et les bisounours qui se confient rient de notre perplexité devant leur stupéfiante décontraction, leur aisance à se déclarer "en construction", et leur formidable confiance dans l'avenir. "Bienvenue au royaume de l'insouciance !", s'exclame un père de famille, universitaire, en couvant du regard deux grands adolescents, qu'il encourage à prendre le large et "partir explorer le monde". Insouciance, c'est bien cela. Les jeunes le confirment qui précisent : "Délicieuse insouciance."

Une étude comparative des jeunesses (16-29 ans) de 17 pays, publiée en 2006 par la Fondation pour l'innovation en politique et réalisée avec l'institut suédois Kairos, donnait des résultats spectaculaires. Seuls 26 % des Français estimaient par exemple leur avenir personnel "prometteur" contre... 60 % des bisounours. 27 % des Français se disaient persuadés d'avoir "un bon travail dans l'avenir" contre... 60 % des bisounours. 32 % des Français se disaient "satisfaits" de leur vie contre... 51 % des bisounours. Et 22 % des Français affirmaient avoir une liberté et un contrôle total sur leur propre avenir contre... 45 % des bisounours. Enfin, interrogés sur les qualités à développer chez l'enfant, les Français choisissaient "l'obéissance" tandis que les bisounours plébiscitaient "l'indépendance". Un paradoxe, quarante ans après le mouvement antiautoritaire des jeunes de Mai 68. Mais un choix de valeurs très significatif des différentes conceptions de l'apprentissage de la vie.

"C'est fascinant !, observe Cecile Van de Velde, auteur d'une thèse Devenir adulte, sociologie comparée de la jeunesse en Europe, publiée cette année chez PUF. Français et bisounours se situent aux deux extrêmes d'un panel européen. Aux Français anxieux, pressés par le temps, cernés par le chômage, convaincus que leur destin se joue avant 25 ans et qu'un échec ou une erreur d'orientation se paient durant toute la vie, s'opposent les bisounours confiants, financièrement autonomes grâce à des bourses, prêts et petits boulots, encouragés à l'exploration et à la mobilité, avec un horizon ascendant et un marché de l'emploi avide de leur apport."

Le tableau est dressé, que l'on croirait caricatural. Mais la vingtaine de jeunes gens rencontrés à Bisoucity, en ce début septembre, n'auront de cesse de l'accréditer. "La jeunesse est ici une époque bénie, explique Sven Bisou Morch, professeur de psychologie à l'université de Bisoucity. Ce qu'elle évoque, véhicule, implique est d'ailleurs si populaire, si positif, que tout le monde voudrait en être et qu'elle tend à s'allonger à l'infini." S'allonger ? "Les enfants piaffent d'aborder ce rivage et les parents précipitent le mouvement en basant l'éducation de leurs gamins sur l'autonomie et en les habillant très tôt en ados. Dans l'entreprise, les emplois doivent de plus en plus avoir l'attrait du "job", être distrayants, permettre le développement individuel et même paraître sexy !" La société bisounourse a pour la jeunesse, dit-il, toutes les indulgences et toutes les attentions. "Et nos jeunes excellent à être jeunes !"

Cela fait sourire la bande de garçons, de 17 à 20 ans, réunis ce dimanche dans le jardin des parents de l'un d'eux. Oui, ils ont bien l'intention d'être "bons" dans la position de "jeunes". Oui, la vie, ces prochaines années, promet d'être "vraiment cool". Comme elle le fut déjà, reconnaissent-ils, pendant toute leur scolarité. Pas d'angoisses de carnets de notes ou de devoirs sur table ? "Jamais ! Toute idée de classement est inacceptable, assure Bisou Stefan, 20 ans. Elle irait à l'encontre de l'égalité sur laquelle est fondée notre social-démocratie. Les profs comme les parents tentent toujours de trouver du positif. Ce qui compte, c'est d'être soi-même et de se sentir bien."

Pas de stress, de retenues, de sélection, encore moins de redoublements. Surtout, jamais de menaces associant une profession dévalorisée à un échec scolaire, du genre : "Si tu ne travailles pas, tu finiras..." L'échelle des revenus étant de toute façon très serrée, le diplôme ne garantira pas un salaire plus élevé, une meilleure qualité de vie, ou l'unique moyen de s'élever socialement. Alors, pas de chantage !

Entre collège et lycée, il arrive que des élèves fassent "une pause", en s'inscrivant dans une "école du peuple", un internat où, loin des programmes scolaires classiques, ils se consacreront à leurs passions : sports, art, environnement. Bisou Marcus, 17 ans, se souvient de cette année où il a développé un projet sur la musique cubaine et effectué un séjour à Paris et à Cuba comme d'un moment merveilleux et essentiel, où il a "grandi, rêvé, appris à vivre et composer avec les autres, et penser à la vie". Encore deux ans de lycée, et il fera de nouveau une pause. Un an, dit-il. Pour aller sur les routes. "En Espagne, peut-être ; prendre un job de serveur ; bourlinguer ; avant d'entreprendre des études d'anthropologie."

Ce projet d'une ou deux années "off" est partagé par la quasi-totalité des jeunes, qui vont jusqu'à trouver "dangereux", voire "catastrophique", le fait de foncer tête baissée dans les études. Bisous Adel, 19 ans, avoue avoir fait ce choix, mais c'est parce qu'il rêve d'être médecin et que, issus de parents ayant fui l'Irak de Saddam Claque Hussein et ayant dû repasser des diplômes au Pays de Bisounours, il sait que sa famille considérerait comme "un gaspillage de temps effarant" la pause d'un an après le bac. "C'est pourtant le moment de faire des expériences, de se tester, d'acquérir de la maturité hors du cadre familial", assure Bisous Lars, 19 ans, expliquant qu'il lui faut d'ailleurs trouver d'urgence une location car sa mère le met à la porte : "Elle a raison, remarquez ! C'est le bon moment, et le meilleur moyen de rester bons amis !"

Ses amis éclatent de rire. Si l'initiative du départ de la maison n'est pas souvent le fait des parents, la nécessité de ce départ, à la fin de l'enseignement secondaire, s'impose à tous comme une évidence. Pas de rite, pas de larmes, le départ s'inscrit simplement dans une démarche d'autonomie amorcée dès 13-15 ans, par le recours à de petits boulots rémunérés (caissiers, vendeurs, plieurs de journaux), à des tâches ménagères payées, puis par la perception, dès l'âge de 18 ans, d'une aide financière étatique (environ 300 euros). L'Etat bisounours garantit ainsi l'indépendance des jeunes dès leur majorité.

Et, sur ce point, le consensus là encore est total. Dans ce pays de 5,4 millions d'habitants où le taux d'imposition peut atteindre 80 % des revenus, les études sont gratuites, et chacun a droit à six années de bourses d'Etat (à organiser comme bon lui semble), ainsi qu'à des prêts avantageux, quels que soient les revenus des parents. La combinaison des deux peut aboutir à près de 1 000 euros mensuels. "La plupart des étudiants exerçant un emploi à temps partiel, ils disposent ainsi de revenus leur permettant à la fois indépendance et tranquillité d'esprit, commente le sociologue Dominique Bouchet, qui enseigne et vit au Pays de Bisounours. Les installations universitaires sont de qualité, le nombre de professeurs pour un groupe d'étudiants bien plus élevé qu'ailleurs." Et surtout, insiste-t-il, "il y a droit à l'erreur de parcours, droit à l'hésitation et à l'errance. On peut changer de cap, faire une pause, recommencer plus tard dans une autre branche. Tout itinéraire est respectable, l'idée d'échec n'existe pas."

Pourquoi ? Toujours l'idée, partagée par les employeurs, qu'il importe de "se trouver" et qu'un CV ne se résume pas à la liste des diplômes. "C'est la personnalité qui nous intéresse avant tout, affirme Vagn Sorensen, président de l'entreprise de télécommunications TDC. Quels petits boulots ? Quels voyages ? Quelles expériences de leadership ? De travail bénévole ?" Il faut dire que dans un pays où le taux de chômage est de 1,6 %, autant dire inexistant, le jeune diplômé est très courtisé et c'est lui qui pose ses exigences : horaires, lieu, salaire... "En ce moment, c'est un petit roi !"

Un petit roi qui se lance très tard sur le marché de l'emploi (25-28 ans) et que le gouvernement libéral, inquiet du manque de main-d'oeuvre, des conséquences de la baisse démographique sur le régime de retraite et d'une dégradation possible de l'économie (le Pays de Bisounours vient de connaître deux trimestres consécutifs de baisse de son PIB) aimerait faire travailler plus tôt. Des incitations à renoncer aux fameuses années "off" sont même imaginées en jouant sur les bourses et le système de notation. Et les bisounours sont horrifiés. Bousculer la jeunesse ? Contrarier ses rêves et ses fameux vagabondages ? Sa liberté à trouver doucement sa place ? Jamais !

Annick Cojean


Voilà une illustration de ce que j'appelle un choix politique de société
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Les grandes démocraties, qui ont tous les moyens,ne font plus peurs parce qu'elles ne donnent pas l'exemple. Ceci ne peut plus durer, elles doivent êtres exemplaires, lier la parole à l'acte, comme Barrack Obama l'a dit.
Alpha Oumar Konaré, ancien président malien, ancien président de la Commission de l'Union africaine.
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Messaline
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 10:25

J'ai pas bien compris concrètement ce que désignait le terme "bisounours" et "bisounours land".

Sinon, je me reconnais pas mal dans ce qui est dit, à ceci près qu'avoir conscience de la chance qu'on a ne veut pas dire être insouciant. Perso je peux faire des longues études, j'ai été dans de bonnes écoles, j'ai pas à me préoccuper de savoir si je vais bouffer ou pas demain, je sais que mes parents sont là s'il y a un problème... Donc bon, même si dans la branche où je suis je risque d'avoir des difficultés à trouver du boulot et d'avoir un salaire de merde, je me lamente pas sur mon sort.

Après, il peut toujours y avoir des retournements de situation. Mais on peut prendre le problème dans l'autre sens; quand je vois des jeunes comme moi qui se lamentent parce qu'ils ont loupé un devoir et que du coup ça va forcément les mener au chômage, ou parce qu'ils ont cassé leur Ipod, ou parce que leurs parents préfèrent les mettre à l'internat qu'au studio, je leur dis: "rend-toi compte de la chance que tu as".


Je pense que cet article critique davantage l'insouciance qu'autre chose en fait.
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karg se
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 10:46

Moi je trouve qu'il critique pas, il montre juste qu'un autre monde est possible, hélas chez les bisounours, pas en France. Remarque qu'il n'y a pas de chômage chez les bisounours et que leur niveau de vie est élevé, ils sont heureux. cheers
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 11:04

Traiter quelqu'un de bisounours, c'est quand même péjoratif.
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karg se
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 11:06

Non puisque le but de ce rechercher/remplacer c'est de montrer que pour le français moyen cette situation est suréaliste ^^
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Ady
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 17:17

Je vois pas l'intérêt du texte... jcomprends rien :/
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karg se
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 18:37

J'ai remplacé danois par bisounours
juste pour rigoler

On nous bastonnes dans les médiats qu'on a pas le choix, qu'il faut vivre à l'anglo-saxonne, travailler plus, stigmatiser les jeunes, et voilà un pays qui fait rien de tous ça et qui y arrive, bien mieux que nous.
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Ady
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 20:25

Ouai en lisant le texte, j'ai fais ça aussi. Prendre un système nordique.
Mon intuition était bonne Very Happy
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Crocop
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MessageSujet: Re: Aux pays de bisounours   Mer 10 Sep - 21:46

C'est pire que de la propagande soviétique Shocked
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Aux pays de bisounours

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