Ben moi j'ai lu les Lartéguy s'y rapportant, c'est le même regard que le film "L'honneur d'un capitaine". En gros Lartéguy romançe mais donne, je pense, une bonne idée des frustrations des militaires qui ont mené au putsch.
Quoique, dans ses "Prétoriens", outre le putsh, il expose également le point de vue des fels, les raisons qui ont poussés à la rebellion.
En fait, quoique l'on sente chez lui une amitié certaine pour les militaires (il fut lui-même officier), on y sent du respect des "felouzes", il n'en fait pas l'ennemi démoniaque, juste des hommes avec (ou sans) idéal mais qui se batte pour une cause qui leur parait juste.
Sinon, quelques romans de Mabire, auteur à prendre avec énormement d'esprit critique.
Quelques autres romans, plus ou moins influencé ou adoptant plusieurs regards.
Des romans sur les aventures des coloniaux de Bugeaud à la révolte Sénoussis(1916).
Et tout de mêmes quelques livres historiques comme sur la Bataille d'Alger.
Mes lectures m'ont laissé les impressions suivantes. D'un côté, des soldats de la "coloniale" qui bien souvent ont sous leurs ordres des "autochtones", qui apprennent à les aimer, les comprendre et tombent amoureux du désert (le tout avec, il faut le dire, un paternalisme latent). Les gros bourrins de la métropole persuadé de leur mission civilisatrice (intéressée) et les colons, persuadés de leur supériorité.
Je pense que la guerre 14-18, grande consommatrice de Nord-africains a joué un rôle d'amorçe et de prise de conscience politique.
Avant, il y a avait bien sûr sans cesse des révoltes mais elles entraient plutôt dans le cadre des rezzous et du manque de compréhension des coutumes locales par les français. On saupoudre le tout de religion et ça y est.
Lors de la premiere guerre mondiale, les nord-africains ont cotoyé, découvert les idéaux de gauche (je vous rappelle l'épisode de la grève de la guerre), le prinçipe de Wilson sur les peuples (j'ai oublié le nom, z'avez vu l'heure lol).
Ajoutons à cela la masse croissante de nord africains instruit à l'européenne et l'idée fit son chemin. Des mouvements clairement indépendantistes virent le jour mais restèrent ultra-minoritaire.
Je pense que c'est la guerre d'Indo qui a tout déclanché. Les nord africains y ont largement contribué, ils étaient sur la RC4, à Dien Bien Phu, certains sont passé par les camps viet.
Les viets ont eut l'intelligence de séparé les colonisés des colonisateurs et ne se sont pas privé de les formé.
De plus, les viets ont montré qu'une armée de fortune pouvait battre une armée traditionnelle.
Et les premiers véritables heurts ont commençé.
Je crois que la France n'aurait pas dû envoyé des appelés (il n'y en avait pas en Indo). Enfin, y avait'il une réelle volonté des politiques de garder l'Algérie ?
Concernant les tortures, avant d'émettre un quelqconque jugement, j'aimerais rappeler quelques petits trucs : nous sommes dans le cadre d'une guerre non-conventionnelle avec dans un camp une armée issue d'un pays démocratique et d'autre part une guérilla nationaliste.
Le but de la guérilla n'est pas avant tout de bouter le français hors d'Algérie mais de conquérir le peuple algérien et le peuple français. Il faut donc décrédibiliser l'armée.
Et le FLN va réussir au delà de toute espérance.
En réalisant des actes de barbaries, en massacrant à tort et à travers, ils vont provoquer des bavures, inacceptable pour une armée d'un pays démocratique.
La même chose s'est produite en Indo mais l'Indo, c'est loin et c'était des engagés, ici, c'est juste à côté et ce sont des appelés !
Bref au fur et à mesure que les katiba se faisaient dézinguer, l'opinion publique française prenait fait et cause pour l'indépendance. Chose assez étonnante, en Algérie, l'armée, qui entre temps avait, via ses troupes d'élite, changer de tactique, voyait grossir les ralliements comme jamais (ça a son importance pour la suite).
Mais bon, une démocratie est guidée par l'opinion et le gouvernement se mit à parler d'indépendance.
Les militaires qui eux voyaient que la rebéllion était pratiquement out se dirent :"on se fout de nous, tout ça pour rien", rajoutons à cela les colons et pieds noirs qui voyaient d'un très mauvais oeil de se faire diriger par ceux qu'ils méprisaient et pif paf pouf, putsch.
du coup en métropole, oulala armée en a marre, danger danger, Algérie mauvais mauvais, on fout le camp !
Conclusion ; avant de porter un jugement sans appel sur les militaires, il faut replacer les choses dans leur contexte.
bien sûr , les tortures n'avaient pas à se produire mais nous n'étions pas à leur places donc n'allons pas trop vite avant de crier "armée facho".
PS: Oui, je défends en quelque sorte l'armée, normal, j'ai été élevé dans cet univers !
Et si vous pigez rien, normal, j'suis un peu insmoniaque pour le moment et naze de fatigue !