Voilà le petit compte-rendu, j'espère n'avoir pas fait de contresens.
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Première partie: Les DiaboliquesPourquoi
Les Diaboliques, écrites entre 1848 et 1874, ont-elles fait scandale?
L'auteur définit ce qu'est un roman catholique dans la préface d'
Une vieille Maîtresse; l
es Diaboliques vont
à l'encontre des idéaux bourgeois et des préjugés dominants. Elles révèlent le goût d'un dandy pour ce qui rebute l'opinion, mais aussi pour les
scandales nécessaires [au christianisme: il faut montrer au monde ce qu'il ignore, au lieu d'aller dans le sens de ce qu'il révère).
Le but de l'œuvre: déranger, "faire bruit"... entrevoir le Ciel en creux. Elle est donc ambiguë (par le refus de toute pruderie), et par-delà son apparente immoralité, son propos est plus métaphysique que moral: il s'agit de faire naître l'inquiétude du surnaturel et d'
entraîner une conversion chez le lecteur. Le récit est là pour donner à penser (mêler fiction et idée), et témoigne de l'évolution du catholicisme et du roman sentimental au XIXe siècle, notamment après 1830 et surtout à partir de 1848.
Dans l'œuvre, l'importance du péché décroît au profit de la transgression. Au XIXe siècle, après la Révolution, Dieu s'est comme enfermé dans un mutisme. Barbey d'Aurevilly cherche dès lors à explorer des chemins éloignés de la voie de l'Église. Ce défi et ce refus des limites dénotent paradoxalement un certain
appétit du spirituel, contrairement aux "écrits ecclésiastiques niaiseux". En effet, Barbey
refuse de laisser croire que le Bien triomphe dans un monde si attaché au progrès. Il souhaite
provoquer un sursaut spirituel en étalant les monstruosités (une "sainte impudeur").
En 1874, nous sommes en plein Ordre Moral sous Mac Mahon. Mais dans un premier temps la presse se montre favorable aux
Diaboliques. Barbey a déjà acquis une certaine notoriété avec
L'Ensorcelée et
Une vieille maîtresse. Mais un changement s'opère après la parution d'un article railleur dans un journal républicain de l'époque, le
Charivari, demandant si c'est là ce qu'on nomme la "chasteté cléricale". Y sont dénoncés les aspects immoraux. L'œuvre est alors saisie pour atteinte à la morale publique (cela se soldera finalement par un non-lieu). L'auteur, interrogé, affirme qu'il a voulu moraliser ses contemporains au moyen de la terreur ("Les masses rejettent l'immoralité quand elle est terrible."), car il se méfie des traits trop peu prononcés qui pourraient entraîner une confusion du bien et du mal. Il a voulu ainsi faire de son œuvre un épouvantail. Il faut
chercher Dieu dans son contraire. Barbey d'Aurevilly rejette la conformité de la religion, car "dans l'ordre spirituel,
nous n'oserons plus oser".
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Deuxième partie: Barbey d'Aurevilly et le procès de BaudelaireLe "procès" des
Diaboliques s'est finalement soldé par un non-lieu, ce qui n'est pas le cas de Baudelaire et de ses
Fleurs du Mal. Baudelaire, accusé d'offense à la morale religieuse et à la morale publique, n'a pu compter que sur peu de défenseurs, dont Barbey d'Aurevilly (lire son article de juillet 1857), et ce dernier intervient régulièrement dans le processus, en se compromettant. Mais il insiste en comparant Baudelaire à Dante: à l'époque très chrétienne la
Divine Comédie, mais "
à une époque malsaine, il faut un livre malsain." Le mal l'emporte sur le bien au XIXe siècle.
Mais
Barbey se trompe dans le prolongement moraliste: il pense que
les Fleurs du Mal sont le signe avant-coureur d'une conversion chez Baudelaire, comme ce fut le cas pour lui. Il dira ainsi qu'après un pareil livre, il ne reste plus à l'auteur qu'à "se brûler la cervelle ou se faire chrétien" (voir son compte-rendu de la lecture de
À rebours de Huysmans: il ne lui reste que "la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix"). Mais si Huysmans finira par se convertir, il n'en est rien de Baudelaire _une anecdote raconte que Barbey d'Aurevilly l'aurait attiré dans un confessionnal, et qu'après quelques minutes de discussion avec le prêtre, Baudelaire serait sorti furieux en s'écriant "L'imbécile!".
La lecture des
Paradis artificiels met cependant fin à la crédulité de Barbey d'Aurevilly: "Je suis déçu" (par ce manipulateur de Baudelaire).
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Troisième partie: Félicien Rops et les illustrateurs de Barbey d'Aurevilly(je n'ai pas pu prendre des notes sur les autres illustrateurs, ça allait un peu vite et c'était un peu décousu à mon sens.)
Les Diaboliques (Lemerre, 1886) ont été illustrées par
Félicien Rops, qui avait déjà commis
Les Sataniques en 1882. Il s'agit d'héliogravures retouchées par eau forte.
1)Le frontispice:
Le Sphinx: dimension symbolique, fantastique, et volonté de
mélanger les plans et les espaces. Autre figure: celle de Méduse, pour son pouvoir de
fascination et de pétrification. Les fonds sont incertains, et il préfère représenter le
surgissement du souvenir et du récit, de la mémoire (cf. les nouvelles de Barbey (récits dans le récit), qui se terminent toujours par une sorte de rêverie méditative).
2)
Le Rideau Cramoisi (pas trouvé l'illustration: remarquer la superposition de plusieurs espaces-temps, la rêverie et le surgissement du souvenir chez le narrateur (cf les mains qui se tendent vers la jeune fille, son premier amour, représentée entre pâmoison et mort)
3)
Le Plus Bel amour de Don Juan:
La Petite Masque est représentée assise sur le fauteuil avec la figure fantasmagorique du narrateur au-dessus d'elle (elle croit ainsi tomber enceinte de lui) _noter là encore la superposition de deux espaces, le surgissement. Sa piété est rehaussée par ses breloques et le siège en forme de baptistère.
La nudité et la position des mains traduisent non pas la réalité de la scène mais
l'impression de la jeune fille. Cette illustration peut-être vue comme une allégorie de la puberté et inspirera d'autres artistes.
4)
Le dessous de cartes d'une partie de whist:
La robe de la comtesse forme une sorte de
vase duquel surgit le secret monstrueux: elle a les pieds sur le cadavre du bébé, ses mains font comme des dents de cadavre et sa bouche est
cadenassée (là encore, métaphore).
5)
Le bonheur est dans le crime:
Le cadavre de l'épouse s'accroche au socle pendant que les deux amants
criminels mais heureux s'embrassent; le
serpent du péché agonise, c'est une anti-tentation (le serpent est très souvent présent chez Rops).
6)
La vengeance d'une femme:
La façon dont est relevée la robe est reprise dans d'autres dessins de Félicien Rops.
• Autres œuvres de Rops:
La tentation de saint Antoine: le Christ est délibérément remplacé par une femme nue sur la croix.
Le Sacrifice: serpent à la fois symbole du péché et symbole phallique.

Sinon, un lien sur Félicien Rops (en Anglais):
cliquez ici
Un lien vers certaines de ses œuvres (érotiques):
cliquez là•••
Quatrième partie: projection d'un filmProjection du film d'Alexandre Astruc,
Le Rideau Cramoisi (1953), tiré de la nouvelle du même nom, avec Anouk Aimée et Jean-Claude Pascal (noir et blanc, 44 minutes).
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