La Pensée Multiple

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Essai sur les femmes et la violence littéraire

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Infinity
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 17:47

ça m'intéresse beaucoup comme sujet, mais moi ce qui m'afflige c'est la stupidité infinie des féministes et des dogmes comme celui de la parité.

remarque, dans le Monde libertaire il y a des articles féministes très intéressants.

ton message est assez passionnel, tu viens de subir quelque chose ? Je sais que ma question est fortement indiscrète, mais je sens de l'inquiétude dans ta "voix"...
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« A force de trop haïr le vice, ils en viennent à ne pas aimer assez les hommes. »
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beld
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 17:52

Citation:
Ça me fait mal et quelque part je ne comprends pas. Je me dis que vous êtes une majorité d'hommes sur ce forum, et souvent vous vous élevez contre les injustices faites aux sans-papiers, contre le racisme, etc. mais on a l'impression que les injustices contre les femmes, ça reste une affaire de femmes.


Désolé mais je me fiche autant des SDF, des pauvres, des arabes que des femmes Razz

J'entends bien ta remarque, peut être que nous devrions soulever la question mais ce sujet de la la conditon de la femme est typiquement le genre de sujet souvent détourné a des fins peu honnorable. D'ailleurs Sarko a été élu entre autre car il a réussi à capter un vote passionel sur les femmes victimes.

Sionon tu as l'air bouleversée, c'est vrai, ca va ?
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Messaline
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:03

Moi je n'aime pas trop aller voir chez les féministes, pour les raisons que j'ai déjà évoquées, qui sont que j'aimerais bien que ces questions soient traitées par l'ensemble d'une communauté, comme un problème global. Je ne suis pas féministe. D'ailleurs je ne suis rien-du-tout-iste. Je me réclamerais peut-être de l'humanisme, à la rigueur. Mais j'ai l'impression qu'il n'y a que les féministes qui font l'effort de s'y intéresser assez pour mener des études, écrire des articles, etc. Alors je ne fais pas la fine bouche.

Pour ta question, non, pas vraiment, c'est juste que moi "en tant que moi" (je ne vais pas dire "en tant que femme" parce que chacun-e réagit différemment) je ne peux pas passer un après-midi à lire des comptes-rendus de pubs sexistes, de témoignages de harcèlement, de propos grossiers, de récits de viols et de violences, et de constats que peu est fait pour remédier à tout cela, (etc) sans avoir envie de vomir. Et pourtant, il faut lire ça, il faut se tenir au courant, il faut savoir ce qui se passe, dans quel monde on vit.
Je me dis que dans le monde où je vis, je pourrais vivre ça, ou mes proches pourraient vivre ça; et même si je ne vis pas ça, des tas de gens dans le monde en sont victimes tous les jours, et qu'on a beau faire, rien ne changera.

Et même à un tout petit niveau, j'aurais toujours la trouille de rentrer chez moi la nuit, ou de me mettre en jupe, juste parce que je suis une fille dans un monde d'hommes, et le fait qu'il n'y ait aucun espoir pour que cette situation change, je trouve ça encore plus dégueulasse. On est toutes des maudites, et on le restera, c'est tout, y a rien à faire. On peut pas discuter, on peut tout juste s'apitoyer sur notre sort, en espérant qu'on ne nous tournera pas trop en ridicule. [/mode passionnel OFF]
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beld
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:08

C'est injuste et moche, mais j'englobe cela parmis d'autres violences inexcusables et auxquels je ne vois la solution que d'une société plus tolérante, juste, humaine, avec des gens éduqués. Et ça ça prend du temps.
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Messaline
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:11

Ça n'arrivera jamais beld. Tout ce qu'on peut c'est imaginer un autre monde sur une page blanche, sur une toile de peinture ou en faisant un film, pour se consoler. Mais ce qu'on vit en réalité, on peut plus le changer, on vit dans un monde injuste et anormal, pour toujours.
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beld
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:20

Hé bé tu déprimes toi Neutral

hug
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Anna
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:20

Je suis profondément anti féministe, je déteste ces femmes (et ces hommes) qui plaident l'égalitarisme absolu, même pas relatif.
Je suis pour l'émancipation des femmes, pour qu'elles puissent vivre comme bon leur semble, mais être l'égale de l'homme, ce n'est pas mon but dans la vie.

Attention, cela ne veut pas dire que je ne m'élève pas contre le sexisme: harcèlement, inégalités salariales, comportements machistes, viols, dogmes religieux etc me crispent au plus haut point mais certainement pas dans le sens hommes vs femmes.

Et je crois aussi, au vu de mon entourage extrêmement masculin, que tant que nous ne serons pas tous androgynes, il existera, quasi intrasèquement, une once de ce que d'aucun appelleront "machisme" ou préjugés, ou instinct, je ne sais comment l'appeler, chez l'homme.
Ce qui ne veut en aucun cas dire, et c'est ce que je reproche à certains mouvements féministes, que tous les hommes aient un comportement hostile au sujet féminin.
Je suis désolée, mais l'homme n'est pas l'ennemi, ne sera jamais le mien et je me battrais contre celles qui voudraient faire croire que de penser le contraire, c'est être soumise.

Après, les femmes, de même, ont intrasèquement intègré la diffèrence de nature, et là encore, je trouve dommageable que cela s'en ressente sur les comportements: je ne m'habille jamais comme une allumeuse, mais je ne m'habille jamais en fonction du regard supposé ou réel des hommes.

En ce sens, je n'ai aucun souci à rentrer ivre en pleine nuit par les transports dans ma banlieue en jupe courte et en bottes. Je pense que faire le contraire (encore une fois, sans provoquer du tout), c'est continuer à alimenter certains comportements anormaux motivés par un héritage qui lui peut s'expliquer (scientifiquement peut-être même).

Et il y a des pendants aux dérives, comme par exemple le paternalisme (au sens positif) dont certains peuvent faire preuve.

Mais la guerre des sexes, c'est sans moi...
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Infinity
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:29

je susi d'accord avec tout ce qu'a dit anna.

sinon Messaline, sur un autre forum j'avais fait un sujet aussi sur la violence faite aux femmes à la ciudad juarez au mexique.
j'ai du mal à traiter tous les sujets en même temps; mais en tout cas chez les "miens" j'ai la réputation d'être un militant qui traite surtout les questions sociales et humaines. je fais de mon mieux Wink
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Messaline
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 18:38

Ouais, je sais pas Anna. Pour moi y a pas de guerre des sexes, parce que j'ai pas les armes pour faire la guerre. Elle est déjà gagnée la guerre des sexes, et pas par moi en tout cas. J'ai l'impression d'être un bout de viande dès que je sors dehors toute seule. Je t'envie.
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Anna
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 20:53

Pour moi ce concept prémâché d'ailleurs de "guerre des sexes" est éculé et abscond en fait, sans oublier que ce qui a été fait pour les femmes ne l'a pas été uniquement par elles (au contraire même selon les époques ou les régions).

Personnellement, je n'ai jamais eu de problèmes avec ma féminité, mais jamais avec la masculinité des hommes. Peut-être est-ce dû au fait que j'ai longtemps vécu avec mon père et que j'ai une fraterie dont je suis la seule représentante féminine.

Mais je crois qu'à l'échelle individuelle, si on se sent bien avec la condition de femme, il n'est nul besoin de revendiquer et encore moins d'avoir peur.

Tout ceci, je le répète, ne justifiant en rien la sous-représentativité des femmes aux postes décisionnels notamment.

Qu'il y ait une mentalité machiste, oui je le sais bien, mais je trouve que trop de femmes jouent finalement ce jeu.
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Messaline
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 21:31

Comme tu l'as remarqué, ça a sûrement aussi à voir avec l'expérience/l'histoire personnelle. Moi je suis née dans une famille à dominante féminine, à la campagne en plus, donc dans un cocon plein de robes, de poupées, de copines, cousines, d'histoires dont les héros sont des héroïnes, comme Alice ou le Chaperon rouge, en fait un monde où il n'y avait pas de place pour les hommes. Ça n'existait pas, j'en avais pas besoin, et jusqu'à trrrrès tard mon idéal c'était de vivre avec mes soeurs, mes cousines et des chevaux, et ne jamais avoir d'enfants.

Et bon, c'est avec l'école que le réveil a été dur. On m'a forcée à quitter ce monde-là, pour une réalité qui n'avait rien à voir, où je ne connaissais pas du tout les codes, codes que j'ai encore du mal à comprendre aujourd'hui. Les autres m'ont mise à l'écart (euphémisme), ça a été dur. On apprend à avoir peur et à se méfier de tout. Moi la menace ça a d'abord été "les autres", les élèves, la mentalité collège. Et maintenant que dans le cadre "scolaire" ça va mieux, c'est dans la rue que se transfère la menace, avec une tonalité beaucoup plus sexuelle qu'avant. Je ne me sens plus menacée en tant qu' "intello" mais bien plus en tant que fille. C'est un peu compliqué à expliquer tout ça, mais je sens bien que ça participe des mêmes ressorts au niveau du ressenti.

Enfin pour dire que quand les gens s'appliquent à te cogner* dessus chaque fois que tu leur déplais, au bout d'un moment tu prends le pli, et par prudence tu te méfies de tout le monde. Et t'as la haine, mais tu ne peux même pas l'exprimer. Et alors, en plus quand tu t'es enseigné des principes comme la non-violence et que tu as la haine, là c'est l'horreur. Y a un monstre qui gronde en moi. J'espère que je ne deviendrai pas une sorte de Médée Neutral .


*quand je dis "cogner", ça peut être physique, mais aussi verbal, et plus largement tout ce qui peut être discours entendus, propos lus, affiches, publicités, télé, films... ou encore littérature, ce qui nous ramène au sujet en fin de compte. C'est le fait de "matraquer" quelqu'un avec des infos, ad nauseam, une espèce de propagande à laquelle je suis très sensible, notamment quand ça touche à la femme, effectivement.
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Anna
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 21:47

Messaline a écrit:
Comme tu l'as remarqué, ça a sûrement aussi à voir avec l'expérience/l'histoire personnelle. Moi je suis née dans une famille à dominante féminine, à la campagne en plus, donc dans un cocon plein de robes, de poupées, de copines, cousines, d'histoires dont les héros sont des héroïnes, comme Alice ou le Chaperon rouge, en fait un monde où il n'y avait pas de place pour les hommes. Ça n'existait pas, j'en avais pas besoin, et jusqu'à trrrrès tard mon idéal c'était de vivre avec mes soeurs, mes cousines et des chevaux, et ne jamais avoir d'enfants.


Oui, je pense que le contexte joue indubitablement un rôle dans l'approche qu'une femme peut avoir de sa féminité, intèriorisée ou confrontée à l'autre.


Citation:
Et bon, c'est avec l'école que le réveil a été dur. On m'a forcée à quitter ce monde-là, pour une réalité qui n'avait rien à voir, où je ne connaissais pas du tout les codes, codes que j'ai encore du mal à comprendre aujourd'hui. Les autres m'ont mise à l'écart (euphémisme), ça a été dur. On apprend à avoir peur et à se méfier de tout. Moi la menace ça a d'abord été "les autres", les élèves, la mentalité collège. Et maintenant que dans le cadre "scolaire" ça va mieux, c'est dans la rue que se transfère la menace, avec une tonalité beaucoup plus sexuelle qu'avant. Je ne me sens plus menacée en tant qu' "intello" mais bien plus en tant que fille. C'est un peu compliqué à expliquer tout ça, mais je sens bien que ça participe des mêmes ressorts au niveau du ressenti.


Oui, je vois ce que tu veux dire.
Quel qu'il soit, un idéal confronté à une réalité peut être source de déception, d'angoisse et de peur, finalement, le monde ou l'altruité est vécue comme une agression. Mais de ce que tu as l'air de dire, en tout cas dans un premier mouvement, dépasse le cadre de la question de la place de la femme, non?
Après, avoir grandi dans un milieu purement féminin fait aussi que la prise de conscience de toi-même en tant que sexuée (et c'est normal que ça vienne plus tard, c'est une évolution classiquen d'où le fait que "l'agression" soit moins ressentie sur le caractère, mais plus sur le physique) est plus violente que chez d'autres. Enfin je ne juge vraiment rien, j'essaie de me rendre compte des effets de l'environnement.


Citation:
Enfin pour dire que quand les gens s'appliquent à te cogner* dessus chaque fois que tu leur déplais, au bout d'un moment tu prends le pli, et par prudence tu te méfies de tout le monde. Et t'as la haine, mais tu ne peux même pas l'exprimer. Et alors, en plus quand tu t'es enseigné des principes comme la non-violence et que tu as la haine, là c'est l'horreur. Y a un monstre qui gronde en moi. J'espère que je ne deviendrai pas une sorte de Médée Neutral .


Mais non, tu analyses parfaitement ton propre ressenti, pas de "monstrification"...Laughing
Il faut que tu trouves une forme de catharsis, parcequ'à force de te punir toi-même de ta féminité, tu rentres dans un cerlce vicieux: tu es sûrmenet victime légitimement de quelquechose, mais de fait, tu intègres les éléments exogènes comme nouvelle source d'agression, les légitimant, et te sclérosant dans ta position.

Euh, sans vouloir tomber dans la psy de comptoir, ce n'est ni mon rôle ni part de mes prérogatives...

lol!
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Messaline
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 22:11

Citation:
Mais de ce que tu as l'air de dire, en tout cas dans un premier mouvement, dépasse le cadre de la question de la place de la femme, non?

En te lisant je me demande si ça n'est pas lié tout ça; ça ne pouvait pas être "sexué" au départ, car je n'ai pris conscience de mon statut de fille (je ne dis même pas "femme", je me sens pas adulte) que récemment, relativement à d'autres, peut-être vers 14-15 ans. Et honnêtement, ça ne doit faire que 2 ans, 3 ans au max que les hommes m'attirent. À se définir par rapport à quelqu'un, on perd quelque chose. Depuis que je suis "fille", je ne suis plus "moi" complètement. Ça doit être ça qui est un peu dur. J'ai pas fini de grandir, quoi.

Et en même temps, cette nouvelle semi-identité de "fille", je n'arrive pas à l'exprimer; je ne sais pas si je me punis moi-même, mais le truc c'est que j'ai envie d'exprimer ce qu'on appelle la "féminité" (qui n'est en fait qu'une partie de moi), et je ne me sens pas libre de le faire en dehors de chez moi. Je ne me sens pas libre parce que j'ai peur. Et le fait de pas pouvoir s'affirmer entièrement, c'est très frustrant. C'est peut-être pour ça que je préfère rester chez moi. Mais du coup c'est dommage. On s'emprisonne soi-même pour ne pas se sentir emprisonné. Où est la clé, bordel?! Sad Laughing


Et vi, ça vire en psy de comptoir; ah, je suis désolée, moi ça me passionne les réflexions sur l'identité, je pourrais en parler des heures mais je n'ai que mon exemple à vous soumettre. scratch
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 22:31

Oui, c'est intéressant (et puis oui pour la psy de comptoir, j'essayais vaguement de me dédouaner Laughing ).
Mais qu'elle soit collective ou individuelle, je ne sais pas si la cours identitaire est un bien, elle est, pour moi et je le maintiens, source de frustrations et d'angoisse.

Parceque si on se définit, je ne vois pas comment on peut le faire "contre quelquechose" d'autre, plus ou moins fortement, plus ou moins consciemment...
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MessageSujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire   Dim 24 Fév - 22:44

Non, mais parfois, on peut se sentir obligé-e de se définir pas "contre", mais "par rapport" à quelque chose d'autre. Quand on sent que le regard de l'autre se pose sur nous en tant que fille par rapport à l'homme (sur le terrain purement sexuel), on finit par se définir comme ça, faute d'autres repères, d'autres regards; on se dit "Voilà donc ce que je suis pour l'autre, ce que je suis dans ce monde, voilà à quoi je vais servir, voilà pourquoi on va me rechercher...". Comment ne pas se sentir comme un objet de consommation, quand on sent qu'on nous regarde comme telle dans la rue, qu'on nous affiche comme telle dans les livres, la pub, à l'écran, dans les discours... Et quand cette définition se rapporte à un rapport consommateur/consommée, ça revient un peu à l'un contre l'autre en tout cas qui domine/qui ne domine pas. J'aurais voulu que ça soit autrement, mais dans cette société-là je n'y arrive pas, je n'ai pas été élevée pour accepter ce schéma dans lequel je suis obligée de vivre maintenant. Tout ça, c'est de l'apprentissage, ou plutôt un vaste travail de propagande dont personne n'est vraiment l'artisan conscient.

Je ne sais pas comment font les hommes. Enfin, je vois que tu n'as pas les mêmes réactions que moi et c'est normal, donc je suppose que les hommes se construisent différemment selon chacun aussi. Mais je ne sais pas si le degré de "objet à consommer" est globalement aussi élevé chez eux.
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Essai sur les femmes et la violence littéraire

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