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| | Essai sur les femmes et la violence littéraire | |
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Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Essai sur les femmes et la violence littéraire Jeu 6 Déc - 17:54 | |
| Voilà l'essai que j'ai rédigé il y a plus d'un mois.
Les femmes et la violence littéraire
I) Introduction
« Quelle pitié, quelle pauvreté, d'avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n'apprennent rien, ne perfectionnent rien, etc. ! »
Il suffit de remplacer le mot « bêtes » par « femmes » dans ce mot de Voltaire, pour donner une image de ce que la femme a représenté (et représente peut-être encore) pour les écrivains et les sociétés de tous temps. Ce petit extrait du Dictionnaire philosophique (article « bêtes ») a été rédigé, on le sait, en réaction au fameux Traité de l’animal machine de Descartes, traité remis en cause par la suite (ou étendu à l’espèce humaine), qui entendait prouver que l’animal n’était qu’une machine, un robot, incapable d’une quelconque forme de pensée, même primitive. Personne n’a écrit de Traité de la femme machine, personne n’a eu besoin d’écrire ce traité, pourrait-on dire ; car une telle idée a été acceptée implicitement ou explicitement par presque toute l’histoire de la littérature. La femme serait-elle dépourvue de pensée ? Le fait même de poser cette question est inepte, mais peut-être poser la question permettrait-il de sortir de la réponse longtemps admise, le « oui ».
On a souvent tendance à mettre l’accent sur les violences physiques, psychologiques, les discriminations sociales, etc. faites aux femmes, et j’espère que mes confrères manifesteront tout leur art à parler sur ces sujets et à dénoncer les préjugés et leurs conséquences. Je suis convaincu que ces violences ont un effet dévastateur, et je pense qu’il faut y ajouter ce que j’appelle la violence « littéraire », qui me semble fondamentale et parfois occultée ou négligée.
II) L’idée de femme machine
Nous nommerons cette idée que la femme est dépourvue de pensée, une violence « littéraire ». Le mot « littéraire » renvoie ici non seulement aux écrits qui trahissent cette idée, mais également à l’idée telle qu’elle se présente dans les mentalités (les écrits influencent ou sont influencés par les mentalités, les deux vont de pair).
Le premier présupposé de cette idée est d’origine physique. La femme ayant généralement moins de force physique que l’homme, on en fait un dérivé de ce dernier. L’expression la plus simple et la plus abstraite de ce présupposé est la suivante : « toute chose provient de quelque chose de supérieur ». Ce présupposé, également utilisé pour remonter jusqu’à Dieu (auquel rien n’est supérieur et qui crée tout), a été utilisé pour expliquer l’origine de la femme. Je pense qu’il s’agit dans ce dernier cas d’une supériorité physique, qui s’est muée en supériorité intellectuelle. Le philosophe grec Platon a décrit cette dérivation de manière frappante. Dans le dialogue du Timée, Platon nous explique ceci : le « genos » (origine, genre) des femmes est une mutation du « genos » des hommes, mutation qui est une dégénérescence. L’espèce féminine est une fraction de l’espèce masculine qui a dégénéré, qui est devenue inférieure. Cette infériorité se traduit naturellement en infériorité intellectuelle : l’homme est le premier être, il pense ; les êtres qui en sont dérivés perdent dans cette dérivation même la pensée, ce sont les femmes, les animaux, etc. Cela ressemble étrangement à la Bible, où on nous explique que la femme est née d’une côte de l’homme (pourtant, dans la Bible, c’est la femme qui goûte la connaissance, donc qui pense la première).
Le second présupposé trouve son expression (et peut-être son origine) dans la terminologie aristotélicienne. Il repose sur un dualisme d’équivalences : d’un côté, on a : forme = esprit = acte (ou actualisation) = supérieur ; de l’autre : matière = puissance (ou possibilité) = inférieur. Vous l’aurez remarqué, il s’agit en réalité d’une extension du présupposé précédent, on retrouve les notions inférieur/supérieur et une hiérarchie : la forme actualise la matière, la matière est actualisée par la forme (activité/passivité). Sortons de l’abstraction pour appliquer ceci au concret : Aristote nous dit lui-même que l’homme est efficient, il donne la forme ; et la femme est matière, réceptacle (dans l’acte sexuel). Appliqué au jeu d’équivalences, cela donne : femme = matière qui reçoit = inférieure ; homme = esprit qui actualise = supérieur. Conclusion : la femme ne pense pas, elle n’est pas esprit mais matière ; alors que l’homme pense, il est esprit et n’est pas contaminé par le matériel. Entendons-nous bien : le mot « matière » a ici un sens métaphysique, c’est-à-dire qu’il s’agit de ce qui est passif, ce qui reçoit.
Le troisième présupposé utilise encore le dualisme matière/esprit, mais cette fois le sens métaphysique de ces termes est élargi dans un sens plus directement concret : il s’agit de la matière sensible, celle que je peux toucher, voir, ce qui est relatif aux sens (et donc aux activités passionnelles comme l’érotisme ou la nourriture) ; et de l’esprit intellectuel, celui qui pense, raisonne, philosophe, mais aussi prie, accède au divin, médite. Les équivalences du deuxième présupposé s’appliquent toujours ici, mais elles sont devenues plus concrètes : la matière, c’est la luxure, la gourmandise, bref : le péché. L’esprit, c’est la prière, la méditation, bref : le salut. On est ici en plein dans certaines idées monothéistes ; et il suffit de lire les Confessions de saint Augustin pour avoir un aperçu de cette violence littéraire à l’égard des femmes : la femme est associée au péché, aux passions, à tout ce qui est matériel ; elle détourne de Dieu, du divin, de l’esprit : elle ne participe donc aucunement à la pensée, elle est exclue du domaine de la spiritualité et de l’intellectualité. La femme n’est qu’un corps, l’homme est un esprit dans un corps mais qui cherche à se débarrasser de son corps. On est en plein dans l’idée de femme machine. On voit clairement ici que les plus grands philosophes sont parfois responsables de la propagation d’inepties discriminatoires et dévalorisantes.
Il existe un quatrième présupposé, plus léger que les autres il me semble, je vais expliquer pourquoi. Il s’agit d’une idée qui repose prétendument sur l’observation, le fait que les femmes dans la vie courante accordent plus d’importance à des choses inutiles et superficielles qu’à des choses sérieuses et nécessaires. Encore un présupposé qui conduit à la femme machine, puisque la pensée c’est le sérieux et le nécessaire, alors que le matériel c’est le frivole et le superficiel. Les femmes s’en tiendraient donc à l’apparence, sans aller au fond des choses. Ce présupposé prend un tour intéressant dans les écrits de Nietzsche (XIXè siècle). Nietzsche n’est pas un auteur misogyne, pourtant il semble véhiculer des préjugés sur les femmes (par exemple dans les Maximes de l’œuvre Crépuscule des Idoles ainsi que dans celles de Par-delà bien et mal). En lisant ces maximes, on s’aperçoit que Nietzsche fait des femmes des êtres superficiels. Il dit : « On tient la femme pour profonde. Pourquoi ? Parce que chez elle on ne touche jamais le fond. » La femme serait donc superficialité pure. Un lecteur assidu de Nietzsche verra néanmoins ici non pas une phrase péjorative, mais au contraire une phrase valorisante. Un autre mot de Nietzsche, tirée cette fois de l’Avant-propos du Gai savoir, vous en convaincra peut-être. « Ces Grecs étaient superficiels – par profondeur ! ». Nietzsche fait souvent l’éloge de la superficialité, de la frivolité, des formes et des apparences ; donc en appliquant ce trait à la nature féminine, il la valorise. Cet éloge a d’abord un aspect esthétique, en effet l’art est le domaine par excellence de la superficialité et l’artiste est le maître des apparences ; puis un aspect épistémologique, puisque chez Nietzsche il n’existe qu’un seul monde, le « monde des apparences » qui était avant lui opposé à tort à un pseudo-« monde vrai », le monde des choses. Mais ce n’est évidemment pas le cas d’autres écrivains qui tiennent cette superficialité, soi-disant tirée de la vie courante, pour mauvaise et inférieure. Ce présupposé me semble néanmoins plus léger que les autres ; d’abord car l’accusation de superficialité peut-être retournée en compliment. Ensuite parce que nous plaisantons souvent sur ce préjugé dans la vie courante, que les femmes revendiquent parfois, mais qui témoigne purement et simplement du fait qu’on peut avoir une vision du monde différente ; qualifiée d’inférieure par les tenants de l’uniformisation de la pensée, mais respectée par les pluralistes.
III) La destruction de l’idée de femme machine
Le premier présupposé, celui du Timée de Platon, repose sur un profond malentendu. En effet, si l’origine de ce présupposé est la supériorité physique de l’homme sur la femme, toute l’argumentation anthropogonique s’effondre : car le critère de cette supériorité est la force, et il occulte tous les autres critères ici. En effet, on dit qu’un homme a généralement plus de force musculaire que la femme (ce qui vaut au général, mais pas au particulier) ; mais on oublie de dire qu’une femme peut être plus gracieuse qu’un homme, ou alors une autre idée générale admise par les hommes eux-mêmes : la beauté (le « beau sexe »). Ces généralités ne font pas grand mal, si l’on précise qu’elles ne valent pas à l’échelle de l’individu ; ce qui est néfaste c’est de transformer ces différences en inégalités. On voit mal pourquoi le critère de force, qui en plus ne vaut pas pour le particulier, devrait prendre le dessus sur un autre critère et fonder une domination. En réalité, aucun critère physique ni même intellectuel ne peut légitimement servir pour fonder une domination ou une théorie de la femme machine. Il s’agit de différences, non de prétextes à hiérarchie. Prendre le critère de force, c’est revenir à un état naturel des choses, c’est-à-dire un état irrationnel, anti-égalitaire et qui fait un mal infini à l’humanité. En conséquence, la femme n’est nullement un dérivé de l’homme ; dans l’apparition du « genos » il y a simultanéité, aucun « genos » ne prime sur l’autre et les deux ont en commun le caractère humain.
Les deuxième et troisième présupposés, qui reposent sur le dualisme matière/esprit, sont eux aussi des non-sens. L’acte sexuel ne peut être pris comme exemple pour le fonder, car nous savons bien qu’une femme n’est pas nécessairement passive dans cet acte, et que même celui des deux partenaires qui est passif physiquement ne l’est jamais totalement (commençons par ne pas occulter les préliminaires et les caresses et baisers pendant l’acte) ; et ne l’est absolument pas psychiquement ; en réalité les deux partenaires sont aussi actifs l’un que l’autre du point de vue de la pensée, de la perception et de l’imagination. Aristote simplifie donc à l’extrême l’acte amoureux, il franchit des passerelles conceptuelles qui n’ont pas lieu d’être ; et bien que son dualisme soit ingénieux, il ne peut et ne doit en aucun cas devenir un dualisme homme/femme. Rappelons aussi le mot de Nietzsche, qui inverse ironiquement l’équivalence matière = inférieur et forme = supérieur, ainsi que le fait que tout ce qui existe provient de quelque chose de supérieur ; il dit dans le Crépuscule que le soi-disant « supérieur » naît en réalité de ce que les philosophes nomment « inférieur ». Ce dualisme étant erroné, l’extension au dualisme sens/esprit par les chrétiens par exemple est un dualisme encore plus erroné. A ceux qui disent que la femme est tentation car elle émeut les sens et les passions, on leur répondra que cette tentation se trouve en eux à l’état de représentation, et non dans la femme ; il s’agit en fait de la façon dont les hommes se représentent la femme et non de la façon dont la femme est. Ce n’est pas la femme qui est dépourvue de pensée, ce sont les dualistes forcenés qui se la représentent tels… l’erreur est donc en eux, dans leur « esprit ».
IV) Les résistances face à l’idée de femme machine
Décrire ces présupposés, les « déconstruire » dirait Derrida, permet de mieux mettre en évidence leurs failles et leur caractère absurde. Je serai tenté de dire que je n’ai même pas besoin d’argumenter contre ces présupposés, tant leur ineptie est manifeste. Néanmoins, ces idées ont fait des ravages millénaires, longtemps la femme fut exclue de la pensée, et de nos jours cette idée est loin d’être enterrée, même si elle semble réduite dans nos sociétés égalitaristes ; il est donc nécessaire de fournir une philosophie anti-femme machine ; il en sera question dans la partie IV.
Pour être juste, il convient de mentionner aussi quelques cas de « résistance » face à cette tyrannie de la pensée qui exclut les femmes du domaine spirituel et intellectuel. L’un des adversaires les plus acharnés de Platon fut l’un de ces résistants : il s’agit d’Epicure. Ce philosophe athénien, célèbre pour son Jardin, avait une femme nommée Léontion, qui était elle-même philosophe. On sait aussi que son Jardin accueillait indistinctement esclaves, femmes et hommes de toutes conditions sociales. Pour Epicure, femme et pensée n’étaient pas distincts, tout être humain possédait la pensée, c’était une évidence.
On mentionnera aussi Aristophane, avec sa pièce Lysistrata, magnifique, drôle et très engagée, à la fois pacifiste et féministe. Aristophane y peint les préjugés athéniens à l’égard des femmes, et tout en restant lucide sur ces dernières, sans trop les idéaliser, il leur rétablit un statut sali par la domination masculine ; statut que je crois avant tout un statut de philosophe, de penseur, car le fait de réfléchir est la condition la plus originelle pour dénoncer la guerre et le patriarcat. Passons à la poésie : Sur ton trône ondoyant, Aphrodite immortelle, Enfant de Zeus, tressant les ruses, je t'appelle : Ne dompte pas, ni par dégoûts ni par douleurs, Souveraine, mon cœur. Mais de qui donc sont ces jolis vers ? Ils ont été écrits de la main de la belle Sappho, preuve vivante que les femmes étaient capables de penser, et brillamment qui plus est. Néanmoins, la violence littéraire a fait des ravages et la littérature féminine est peu étendue comparée à la littérature masculine.
V) Conclusion
La conclusion est nette et sans équivoque : l’idée de femme machine, est une idée erronée et qui a des conséquences terribles. Socrate a montré qu’un esclave est doué de raison (Ménon de Platon), Voltaire et ses confrères ont montré que l’animal pense ; je crois qu’à présent il faut montrer définitivement que la femme pense, et j’espère y avoir contribué. Les femmes ont énormément apporté à la pensée, à la religion, aux arts, bref à la société ; et le fait qu’il faille y apporter une justification philosophique n’est que la conséquence de la rage absurde et discriminatoire qui sévit chez les penseurs et refusent à la femme la faculté de penser, conséquence qui est combattue par ladite justification. Schopenhauer, misogyne notoire, a dit : « Les femmes sont comme des miroirs, elle réfléchissent mais ne pensent pas. » Il a également dit : « Fumer la pipe dispense de penser ». Il faut croire qu’il fumait beaucoup en écrivant ! _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
« A force de trop haïr le vice, ils en viennent à ne pas aimer assez les hommes. » E. Burke, Réflexions sur la Révo. |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 10:49 | |
| bon en fait personne a lu, même Anna et ceux qui m'avaient demandé de poster :p _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | beld Schtroumpf Prof'


Inscrit le : 05 Mai 2007 Messages : 3530
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 11:31 | |
| Pas forcément  |
|  | | Ady Saltimbanque.

Age : 21 Inscrit le : 27 Juin 2007 Messages : 1282 Localisation : Essonne
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 12:18 | |
| J'avais pas vu ça dis donc... C'est Messaline qui devrait apprécier je pense...?
J'adore le raisonnement. Je suis incapable d'être clair comme ça moi ^^ Bravo copain  _________________ Travaille à contrer Babylone Obéit à ton esprit Consomme le strict minimum et Oublie tout ce qu'on t'as appris Insiste, persiste, résiste, existe ! |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 14:16 | |
| merci Ady
et alors Beld, tu en penses quoi ?
tiens, en relisant je m'aperçois que j'ai fait une ou deux erreurs, très mineures.
un jour j'essaierai de développer plus; peut-être ai-je été trop rapide sur certains points. _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | Kelys Passionné


Age : 30 Inscrit le : 28 Déc 2007 Messages : 311
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 16:12 | |
| | félicitations sincères pour cet effort. cet essai a été rédigé dans un cadre scolaire ou pas du tout ? je le relis, pour mieux le comprendre. |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 16:45 | |
| mon université devait lancer une semaine sur "les femmes et les discriminations". avec appel à contribution. J'avais écrit ce texte... puis il y a eu le blocage. Donc au final il n'a pas servi. mais ce n'était pas dans un cadre scolaire.
merci à vous _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | beld Schtroumpf Prof'


Inscrit le : 05 Mai 2007 Messages : 3530
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 17:24 | |
| Ne développe pas plus, on est à la taille critique au delà de laquelle je m'endors Là ca reste assez "nerveux", c'est bien. Mais je me pose la question de la contre productivité de cette réfléxion, ca me tue qu'à notre époque on puisse encore débattre de cela (sans juger de ton point de vue). |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 17:37 | |
| | beld a écrit: | Ne développe pas plus, on est à la taille critique au delà de laquelle je m'endors Là ca reste assez "nerveux", c'est bien. Mais je me pose la question de la contre productivité de cette réfléxion, ca me tue qu'à notre époque on puisse encore débattre de cela (sans juger de ton point de vue). |
je préfère parfois débattre de choses passées, plutôt qu'actuelles, car le regard n'est pas "chaud", il est froid et analytique. ça permet aussi de voir si d'anciennes perversions se sont hissées jusqu'à maintenant, en posant les bases pour une réflexion actuelle.
mais tu as peut-être raison, je ne sais si mon effort a été "utile". quand je réfléchis, ça va paraître ringard, mais je cherche la vérité, intemporelle et désintéressée. ça permet d'analyser ensuite d'autres choses, sans tomber dans l'idéologie (système d'idées admises avant l'analyse et non discutées). _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | beld Schtroumpf Prof'


Inscrit le : 05 Mai 2007 Messages : 3530
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 17:40 | |
| Le débat reste d'actualité, c'est ca qui me tue  |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 19:03 | |
| Si si, je l'avais lu Infinity; j'aime bien.
Je ne crois pas que ce soit vraiment à classer parmi les choses "passées"; beld, je suis en litté, quand on fait de la littérature française, on se tape des textes qui véhiculent des clichés sur les femmes; quand on fait de la philo, on se tape des auteurs qui ont des clichés sur les femmes.
Le problème, c'est que ce sont des références pour d'autres domaines, et donc on est obligé-e-s de les lire, de les comprendre, parfois de s'accorder avec eux. Quand tu es une fille, la littérature, c'est toujours du compromis. Bien souvent, on n'entre pas dans le récit ou dans l'argumentation, parce qu'on se dit: "Ouais, c'est chouette ce qu'il dit, je pense pareil!" et tout à coup on lit "Par contre, les femmes, [insérez ici un cliché ou une pensée réductrice quelconque]" et là on se sent rejetée, ça casse tout, ça discrédite parfois l'auteur. Je pense qu'un homme ne ressentira pas ça, parce que la plupart des "classiques" qu'on doit lire ont été écrits par des hommes, pour des hommes, tout en se déclarant implicitement "livres écrit par l'humain pour l'humain".
Mais c'est vraiment une réalité, la discrimination littéraire; en tout cas je l'ai vécue à plusieurs reprises. On est obligé de transiger tout le temps avec les bouquins, sinon, si on se dit qu'on va rejeter les auteurs qui énoncent des propos misogynes ou machistes, voulus ou non, on ne peut pas y arriver. C'est pas évident de transiger avec des propos sexistes, d'être obligée de dire amen à quelqu'un qui ne te prend même pas pour ce que tu es, qui ne cherche même pas à te comprendre.
Et je crois que ça reste assez ignoré, car on entend dire que Voltaire tenait des propos antisémites, alors qu'on n'entend pas parler des propos injustes qui ont été tenus sur les femmes par, on va dire 90% des auteurs. C'est difficile et humiliant de se dire "ok, ça on laisse passer..." "ça, on laisse passer..." alors qu'en gros ça revient à se ramasser des claques sans jamais protester en retour.
Le problème, c'est que si dans la vie, on peut manifester, faire entendre sa voix, revendiquer des droits, en littérature ou en philosophie, on ne peut pas faire autrement que de baisser les yeux et se ramasser tout ça dans la figure sans dire un mot (ça peut sembler extrême ce que je dis, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti).
C'est pour ça que j'ai bien aimé ton travail Infinity, seulement je ne voyais pas trop quoi dire sur le moment, comme personne n'y avait posté . _________________
"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 19:13 | |
| Merci Messaline, ton post est un excellent complément à mon article; il apporte ce que je n'ai pas ou ce que je ne peux que pressentir : l'expérience, cad être une femme face à la littérature. _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 19:21 | |
| J'ai été UTILISÉE comme un vulgaire rat de laboratoire!
On m'a eue.
 _________________
"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Ady Saltimbanque.

Age : 21 Inscrit le : 27 Juin 2007 Messages : 1282 Localisation : Essonne
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Sam 26 Jan - 20:09 | |
| Pas forcément besoin de compléter et de pousser plus loin, en tous cas pour ce qui est du forum. En lisant, je voyais où tu voulais en venir. Après, il y a peutêtre d'autres aspects à évoquer... ? Mais pour ceux dont tu parles, l'explication était suffisante  _________________ Travaille à contrer Babylone Obéit à ton esprit Consomme le strict minimum et Oublie tout ce qu'on t'as appris Insiste, persiste, résiste, existe ! |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Essai sur les femmes et la violence littéraire Dim 24 Fév - 16:48 | |
| En ce moment je suis en pleine lecture de textes féministes (puisqu'il n'y a qu'eux pour parler de ce dont les femmes, donc moi, peuvent être victimes aujourd'hui) et je me disais, tiens, c'est bizarre, sur PM on n'en parle pas beaucoup en tant que sujet, des injustices commises sur les femmes. Et puis je me suis rappelée ce texte qu'Infinity avait posté.
Je trouve dommage que ce soit toujours aux femmes de se défendre. Quasiment tous les textes que j'ai lus, qui dénonçaient les violences et/ou les injustices à leur égard, étaient le fait de femmes. Ça me fait mal et quelque part je ne comprends pas. Je me dis que vous êtes une majorité d'hommes sur ce forum, et souvent vous vous élevez contre les injustices faites aux sans-papiers, contre le racisme, etc. mais on a l'impression que les injustices contre les femmes, ça reste une affaire de femmes. Ça ne vous intéresse pas. Vous n'êtes pas concernés. C'est secondaire. Est-ce que même vous vous informez à ce sujet? Peut-être que je me trompe en disant tout ça, mais du moins c'est ce dont j'ai l'impression en vous lisant (ou plutôt dans ce cas, en ne vous lisant pas) sur le sujet. Je crois que c'est pour ça que je n'ai pas envie de poster un sujet spécifique, j'ai pas envie qu'une fois de plus ça soit à l'initiative d'une fille qu'un débat sur ce thème-là ne se mette en place, et j'attends qu'un de vous veuille bien s'intéresser au problème tout seul, parce qu'il y a tellement de choses dans ce domaine que je ne comprends pas, qui me révoltent, ou dont j'aimerais bien, simplement, discuter avec tout le monde ici. Je me rends bien compte que le domaine est énorme et qu'on ne peut pas tout résumer en un seul sujet sur le forum. Mais bon, pour l'instant il n'y a eu qu'Infinity pour se poser la question de lui-même. Je ne sais pas ce qui l'a conduit à en parler ici, mais je lui suis reconnaissante pour ça au moins, même si il y a plein de sujets sur lesquels on ne sera jamais d'accord.
Je sais même pas si j'ai envie de débattre pour l'instant dessus tellement ça me désole. J'avais juste besoin de faire cette remarque, c'est tout.
edit: après ça reste une impression personnelle. Je ne parle au nom de personne, et peut-être que anna ou souris verte ont un tout autre point de vue. _________________
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|  | | | Essai sur les femmes et la violence littéraire | |
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