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| | Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être | |
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| Auteur | Message |
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Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être Mer 20 Aoû - 20:43 | |
| | K. a écrit: | | Infinity a écrit: | Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être
l'extase littéraire. |
J'ai au contraire trouvé que ce livre était la plus parfaite expression de l'insoutenable lourdeur des effets de style et du romantisme à la petite semaine. M'enfin. |
Je trouve au contraire que sa vision de l'amour est plutôt pessimiste, car conditionnée par la séparation entre l'âme et le corps. L'âme vouée à l'amour, tel l'amour platonicien dans le Phèdre qui est décrit en termes spirituels et opposé à l'amour des "bêtes", la copulation bestiale, dépourvue de grâce et qui trouve son apogée dans la coulée du liquide visqueux. A l'inverse, le corps est voué au plaisir, et le corps tend à effacer l'âme (ce qui arrive à Teresa parfois). Quel romantisme vois-tu dans cette fracture originelle dans la relation des êtres humains ? édit: d'ailleurs, cette apparition ou refoulement de l'âme caractérise le relativisme ou l'unicité du corps : suis-je un corps parmi tant d'autres ou suis-je unique ? suis-je un cadavre ambulant ou un être vivant ? En ce sens, la dualité corps/âme chez Kundera (qui me semble reprendre Descartes, bien qu'implicitement) a des implications très concrètes en éthique, d'où aussi les rapprochemetns avec les camps de concentration où l'on est qu'un numéro.
J'aime beaucoup ce livre car il développe une ontologie, ce qu'on voit grâce aux allusions à Parménide, Beethoven, Nietzsche. Son esquisse sur les rêves me fait aussi penser aux Vases communicants de Breton, que je suis également en train de lire, et qui théorise le rêve sous les catégories du surréalisme.
En fait, je crois même retrouver les quatre pans de la métaphysique chez Kundera (la définition est de Kant) : ontologie , c'est-à-dire dialectique de la légèreté et de la pesanteur. L'être est-il ce qu'il y a de plus léger (et là je vous renvoie à l'article de zongo sur "y a t-il une ontologie anarchiste"), ou ce qu'il y a de plus pesant ? L'être est-il une architectonique solide et éternelle, ou est-il fugace et inconsistant ? Ce problème ouvre directement une perspective psychologique, au sens que Platon, Aristote ou Descartes auraient donné à ce mot : qu'est-ce que l'âme ? est-elle séparée ou non du corps ? comment ressent-elle la légèreté et la pesanteur de l'être tour à tour ? D'où les analyses du vertige, du rêve, etc. Cette ontologie qui ouvre sur la psychologie, se double aussi d'une cosmologie, plus cachée et qui s'ouvre avec le questionnement sur l'éternel retour. Le monde est-il formé d'événements irréversibles, ou bien d'une répétition circulaire du même ? Et là Kundera développe sa théorie de la contingence et du hasard, à partir de la rencontre fortuite de Tomas et Teresa. Ce roman expose aussi un méta-roman, qui ressemble étrangement à une métaphysique ; d'ailleurs Kundera n'est pas seulement narrateur mais aussi essayiste. La quatrième dimension de la métaphysique, la théologie, est aussi là; avec les passages sur le Créateur et la créature.
Bon je finis le livre et j'en dirais plus quand j'aurais fini. _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
« A force de trop haïr le vice, ils en viennent à ne pas aimer assez les hommes. » E. Burke, Réflexions sur la Révo. |
|  | | K. Gourou.

Inscrit le : 08 Mar 2007 Messages : 2393
 | Sujet: Re: Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être Mer 20 Aoû - 20:55 | |
| | Infinity a écrit: | | K. a écrit: | | Infinity a écrit: | Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être
l'extase littéraire. |
J'ai au contraire trouvé que ce livre était la plus parfaite expression de l'insoutenable lourdeur des effets de style et du romantisme à la petite semaine. M'enfin. |
Je trouve au contraire que sa vision de l'amour est plutôt pessimiste, car conditionnée par la séparation entre l'âme et le corps. L'âme vouée à l'amour, tel l'amour platonicien dans le Phèdre qui est décrit en termes spirituels et opposé à l'amour des "bêtes", la copulation bestiale, dépourvue de grâce et qui trouve son apogée dans la coulée du liquide visqueux. A l'inverse, le corps est voué au plaisir, et le corps tend à effacer l'âme (ce qui arrive à Teresa parfois). Quel romantisme vois-tu dans cette fracture originelle dans la relation des êtres humains ? édit: d'ailleurs, cette apparition ou refoulement de l'âme caractérise le relativisme ou l'unicité du corps : suis-je un corps parmi tant d'autres ou suis-je unique ? suis-je un cadavre ambulant ou un être vivant ? En ce sens, la dualité corps/âme chez Kundera (qui me semble reprendre Descartes, bien qu'implicitement) a des implications très concrètes en éthique, d'où aussi les rapprochemetns avec les camps de concentration où l'on est qu'un numéro.
J'aime beaucoup ce livre car il développe une ontologie, ce qu'on voit grâce aux allusions à Parménide, Beethoven, Nietzsche. Son esquisse sur les rêves me fait aussi penser aux Vases communicants de Breton, que je suis également en train de lire, et qui théorise le rêve sous les catégories du surréalisme.
En fait, je crois même retrouver les quatre pans de la métaphysique chez Kundera (la définition est de Kant) : ontologie , c'est-à-dire dialectique de la légèreté et de la pesanteur. L'être est-il ce qu'il y a de plus léger (et là je vous renvoie à l'article de zongo sur "y a t-il une ontologie anarchiste"), ou ce qu'il y a de plus pesant ? L'être est-il une architectonique solide et éternelle, ou est-il fugace et inconsistant ? Ce problème ouvre directement une perspective psychologique, au sens que Platon, Aristote ou Descartes auraient donné à ce mot : qu'est-ce que l'âme ? est-elle séparée ou non du corps ? comment ressent-elle la légèreté et la pesanteur de l'être tour à tour ? D'où les analyses du vertige, du rêve, etc. Cette ontologie qui ouvre sur la psychologie, se double aussi d'une cosmologie, plus cachée et qui s'ouvre avec le questionnement sur l'éternel retour. Le monde est-il formé d'événements irréversibles, ou bien d'une répétition circulaire du même ? Et là Kundera développe sa théorie de la contingence et du hasard, à partir de la rencontre fortuite de Tomas et Teresa. Ce roman expose aussi un méta-roman, qui ressemble étrangement à une métaphysique ; d'ailleurs Kundera n'est pas seulement narrateur mais aussi essayiste. La quatrième dimension de la métaphysique, la théologie, est aussi là; avec les passages sur le Créateur et la créature.
Bon je finis le livre et j'en dirais plus quand j'aurais fini. |
Je n'avais pas compris le livre comme ça quand je l'avais lu mais c'est certainement parce que je m'y intéressais comme étant une oeuvre littéraire. Et d'un point de vue stylistique et esthétique, il m'avait effectivement paru insoutenable pesant. Mais cela n'enlève rien aux interprétations philosophiques qu'on peut en tirer. |
|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être Jeu 21 Aoû - 14:36 | |
| Moi qui suis presque incapable de lire un roman, tant il en faut peu pour m'ennuyer ou me lasser, je n'ai aucun mal à lire ce roman qui est pas mal découpé et qui fait plutôt dans la concision.
voilà ce que je pense pour le style. _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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|  | | Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1098 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être Jeu 21 Aoû - 22:00 | |
| j'ai fini le bouquin.
il y a donc en effet une théologie, quatrième pan théologique d'après Kant, centrée sur deux notions, celle d'excrément (littéral comme figuré), et celle d'amour. c'est une théologie plutot négative, ou une antithéologie, mais elle existe. sa critique du kitsch me fait assez penser à la critique castoriadienne de ceux qui adoucissent la mort. d'ailleurs ce livre me fait beaucoup penser en général aux critiques de la bureaucratie, celle des situ, de kafka.
sinon tu avais raison il y a beaucoup de romantisme dans cette oeuvre, mais moi c'est ce que j'aime :p _________________ « Pluralitas non est ponenda sine necessitate. » G. d'Ockham, In Sent.
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