L'article de Colson est très révélateur et a le mérite inconscient de présenter un ensemble de pensées disparates ayant toutes en commun d'en appeler sans cesse à la notion de révolution sans jamais la définir, et le plus souvent en la mélangent avec celle de révolte. Je crois d'ailleurs qu'on peut mettre cette confusion conceptuelle en rapport avec l'effervescence des journaleux du
Monde Diplomatique à voir dans la moindre révolte bourgeoise la
renaissance de l'anarchisme (que ce soit en 68 en France ou récemment en Grèce). Etonamment, Colson n'effectue pas cette mise en rapport. Et on le comprend aisément, le contraste entre les anarchismes de Proudhon et Bakounine et l'anarchisme marketé vendu par les médias nationaux serait certainement trop accusateur.
Ignorer cette domestication de la pensée anarchiste par la société a en fait l'avantage non négligeable de ne pas faire le bilan de sa diffusion. De fait, comment expliquer l'apparent paradoxe qui voit les symboles anarchistes plus utilisés et revendiqués que jamais, ce qui pourrait être un indice de vitalité, tout en voyant en même temps la pensée anarchiste s'affadir et s'embourgeoiser plus que jamais (avec un Bourdieu encore encensé dans tous les journaux et les universités pour avoir réinventé l'eau chaude) ?
Et bien, il faut regarder la situation telle qu'elle est : Dieu et l'Etat sont morts, le monde suit un mouvement de fédéralisation et d'éclatement continu depuis 1918, le contractualisme, le libre consentement, l'autonomie et la sécession sont devenus les horizons indépassables de l'époque. En tant que religion de la Raison, l'anarchisme n'a pu être qu'une avant-garde et a vu tous ses dogmes progressivement absorbés et mis en application par la société, qui, sous l'emprise de la Technique, poursuit son processus de rationalisation forcenée. L'anarchiste, comme tout progressiste, se contente donc désormais de suivre et de pousser le monde dans le sens de son évolution naturelle.
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Plus qu'un ami, c'est un collègue que nous venons de perdre.
Déclaration conjointe de Daniel Cohn-Bendit et de Frédéric Mitterrand lors de la mort de Michael Jackson.