Ceci dit, il n'y a pas que les vieux blancs qui peuvent parler comme ça. Dans mon quartier, les vieux maghrébins et les vieux maliens qui ont passé leurs vies à se faire exploiter sur des chantiers ont la même réaction en voyant que leurs enfants glandent, dealent et cassent tout. Pour eux c'est non seulement leur environnement quotidien qui est dévasté mais aussi l'espoir de l'ascension sociale et de l'intégration qui se brise et le constat qu'ils ont échoué à transmettre leurs valeurs (dévouement, effort, humilité, honnêteté etc.), que leurs efforts ont plus servis de repoussoir que d'exemple. Et ce que Karg Se appelle joliment la "réhabilitation", on sait ce que c'est : les appartements sont rachetés une bouchée de pain (si propriétaire, ce qui reste très rare), les immeubles refaits à neuf ou rasés et les vieux repoussés encore plus loin en banlieue. Les cas où l'on est recasé dans un appartement rénové dans un quartier calme restent plus qu'exceptionnels, la fin du reportage tient de la propagande gouvernementale.