La Pensée Multiple

Parler de politique, de philosophie, de science, d'art, de littérature, de conneries...
 
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Vos plus beaux concerts

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serlututu
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Dim 10 Fév - 15:39

Ah ben j'ouvrirais un fil plutôt sur la musique alternative tchèque, parce que les groupes ils font des tournées partout, t'auras qu'à voir.
Peut être là, si j'ai le courage, avant d'aller bosser.

Sinon c'est vrai que je pensais pas à ça le truc "qu'il faut avoir lu", ou "avoir écouté". Pour des gens qui étudient ça doit être important et même assez contraignant.
Et j'imagine que la marge entre "il faut absolument connaitre ça" et "ça c'est absolument génial" doit être facile à franchir.
Dans mon emission de radio sur RL, comme je sais qu'il y a des potes qui écoutent, qui honnissent tout ce qui est commercial, voir connu, et qui encensent des morceaux parce qu'ils sont de musiciens identifiés experimentaux, je m'amuse à passer des morceaux et à les annoncer après.
C'est ce que j'avais fait avec Bjork, qui est complètement chiée dessus dans les milieux que je fréquente.
On a pas la même écoute selon qu'on connait ou pas l'auteur.
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K.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Dim 10 Fév - 19:08

Bon, comme RadioBlog est en reconversion et que dire "mais c'est absolument génial !!" avaence pas à grand chose, je suis aller te choper un truc sur Fluctuat. Je sais pas si ça te donnera envie mais c'est le genre de trucs que tu peux apprécier.

Citation:
Dopplereffekt : l'électro à géométrie variable

Posté par Maxence le 25.07.07 à 18:47



Gerald Donald principal activiste de Dopplereffekt est un petit rigolo. Ok, on vous dira qu'il existe d'autres membres de cette étrange, et surtout mystérieuse entité, mais n'en tenez pas compte. De toute façon ne tenez compte de rien concernant Dopplereffekt. Né à Detroit dans le sillage d'autres mythologiques bestioles polymorphes et sans visages comme Drexciya ou le collectif U.R., Dopplereffekt et ses membres respectent à la lettre le dogme techno des origines qui veut que tout producteur, musicien, DJ, garde l'anonymat le plus total. On sait pourtant que sous ce pseudonyme aux consonances scientifiques (l'effet doppler, tout simplement) se cache le plus souvent le fameux Gerald Donald plus haut cité. C'est lui qui répond (ou pas, plus souvent pas) aux interviews, c'est lui (?) que l'on voit dans les clips du "groupe" etc...

Profondément impliqué dans le champ de la recherche et de la hard science contemporaine, aussi bien que dans celui de l'activisme politique et scientifique, Gerald Donald a toujours eu à coeur de traduire dans une musique complètement instrumentale (ou presque) les théories scientifiques les plus ardues et avant-gardiste. Une passion qu'il partage à égale mesure (et ce n'est pas le moindre des paradoxes cultivés par ces artistes afro-américains, voir Kool Keith, Lee Perry, etc...) avec le sexe bizarre et/ou extrême (on se souvient du "I wanna be a porno star" plus que souvent joué par tous les DJ de la planète) ainsi que la science-fiction la plus débridée. On lui doit, entre autre, les théories qui accompagnaient son magnifique projet electro-ambient Arpanet, où il annonçait dans un titre d'ouverture d'anthologie (un mantra electronica vocoderisé captivant) et avec 5 ans d'avance, que les technologies sans fil seraient bientôt le vecteur de diffusion numéro un des technologies de l'information. Dopplereffekt aime également parer ses productions de titres scientifiquement évocateurs comme "Cellular Phone", "Linear Accelerator", "Infophysix", une tendance qu'il mixe avec celle des brûlots politiques les plus revendicatifs (voir Fascist State, carrément, le premier album de Dopplereffekt).

Ainsi un titre comme Calabi Yau Spaces n'est pas gratuit. Pour faire court disons que "l'espace de Calabi Yau" est un terme décrivant une variété mathématique utilisée dans divers domaines, dont la géométrie algébrique et la physique quantique (notamment en physique théorique dans l'élaboration de la théorie des supercordes, soit l'une des voies actuelles, envisagées pour régler une des questions majeures de la physique théorique : "comment fournir une description de la gravité quantique en unifiant la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale ?"). Cette théorie est utile pour calculer, la surface, la longueur, la largeur, bref l'espace, d'un tore à multiple points d'interception. Vous savez, ces formes géométriques repliées sur elles-mêmes, et qui selon nos scientifiques, seraient l'image même de notre univers imbriqué avec d'autres univers parallèles. Vous suivez toujours ? Tout cela donne une petite idée des obsessions du bonhomme. Et la musique dans tout ça me direz-vous ? Et bien justement, elle répond parfaitement à ces théories, du moins par ses ambiances et la structure en tore complexe de ses compositions. De fait, les morceaux de Dopplereffekt sont de parfais petits espaces de Calabi Yau. Ses compositions s'enroulent sur elles-mêmes, cliquetantes et vibrantes, partent dans un sens puis dans un autre en se retournant comme une chaussette, imprévisibles, certainement indansables mais fascinantes. On est loin, loin, de la techno ici. Plus proche de l'electronica d'Arpanet ou des compositions abstraites des pionniers de la musique concrète ou de l'ambient. Le tout se déroule dans une impression d'infinitude quasi magique, nous donnant l'impression d'appréhender le vide inconnaissable du cosmos et les mystères physiques de l'univers. Somptueux.


Dans la même vaine, Autechre sort un nouvel album, Quarisitice, le 3 mars chez Warp. Il est déjà disponible en téléchargement légal sur Bleep.com et marque l'arrêt de la tendance à la pure recherche abstraite qu'ils avaient jusque là.

Pour ce qui est des classiques (aussi bien littéraires que musicaux), je serais moins tranchés que vous. Je sais pas pour Mozart mais pour les deux exemples littéraires donnés par Messaline, Proust et Flaubert, je sais que j'aimais pas du tout au premier abord, que je me suis forcé la main et que je suis tombé des nues en me rendant compte ce que j'avais failli louper. C'est sûr que cet espèce de dictat des classiques est franchement pénible mais je trouve que la réaction de dire "Mozart c'est de la musique de supermarché" vole pas tellement plus haut. Ce qui compte c'est de savoir si tu as ressenti une émotion en faisant l'expérience de l'oeuvre, pas de se positionner par rapport aux connotations sociales et politiques dont elle est chargée.

Et c'est pour ça que je suis assez d'accord avec ce que dis Serlututu. Même (et surtout ?) chez les pseudos "rebelles" toujours à la marge de tout, on voit que 90% des gens consomment la musique (et l'art en général). Et c'est toujours très drôle de voir ces gens chier sur "la société de consommation, au mon Dieu c'est le Diable, regardez tous ces moutons" et de voir qu'eux mêmes sont incapables de s'en déprendre, même dans la relation à ce que je considère comme seul sacré, l'art.

Tu leur transmettras de ma part. Wink
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serlututu
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 11 Fév - 2:22

Je persiste Kolia à dire que mozart c'est de la musique de chiottes.
Il ne s'agit pas bien sur d'une opinion mais d'une émotion.
Il convient, pour être convenablement appréhendé, d'emettre toutes les réserves socialement admises lors qu'il s'agit d'emettre des opinions.
Concernant la traduction des émotions, ma façon à moi est d'être pour le moins excessif, puisque je n'entends pas imposer ma façon de ressentir à quiconque bien entendu.
Je précise que je n'entends pas non plus imposer ma façon de concevoir le monde et que je pourrais très bien parler politique et je le fais d'ailleurs, de façon assez péremptoire. Le capitalisme c'est de la merde. Mais je me l'autorise moins.
Ceci parce que je n'ai absolument aucune croyance en la "vérité", l'objectivité et ce genre de conneries.
J'entends bien que "ça vole pas haut" de parler d'un "génie" comme mozart de la sorte et je l'assume pleinement, voler haut en l'occurence me semblerais inapproprié.

Concernant les classiques, je comprends ce que tu dis.
En musique assez peu, mais ça existe et surtout en litterature y a des choses qui me touchent.
Victor Hugo, Molière, etc.
Par contre là ou je suis en profond désaccord avec toi, avec Messaline aussi qui à l'air de se dévaloriser elle même parce qu'elle n'aurait pas lu ou écouté tels auteur et compositeurs "incontournables", je me fous complètement d'avoir des "carences" dans mes connaissances (j'allais dire "culture" !).

J'ai décidé il y a 20 ans pour des raisons précises de ne jamais lire aucun livre de ma vie de andré malraux. Qu'est ce que veut dire que "je loupe quelque chose", comme tu dis Kolia, quand je n'aurais jamais assez de vivre mille fois ma vie pour avoir le temps de m'interresser à tout ce qui peut m'apporter quelque chose de la création humaine.

Donc entièrement d'accord de ne pas se positionner suivant les connotations sociales et politiques concernant les émotions, mais dans les deux sens.
On ne rejette ni on ne s'interresse à la création parce qu'elle est "classique" ou "rebelle". Pour ça OK.

Par contre pas du tout d'accord avec toi quand tu parles des gens qui rejettent la société de consommation et qui en resteraient accros.
Non, là, on est quand même un certain nombre à oeuvrer dans le sens de l'abolition des droits d'auteurs par exemple, de la prises en main de la création par "l'homme du commun" chère à Dubuffet, pour la gatuité des concerts, des disques, etc.
Je vous conseille d'ailleurs d'intervenir sur ce site: http://txt.photoslibres.fr.nf/txt/

Enfin,deux choses/
-le sacré est l'affaire de choses surnaturelles, peut être "l'art", dont je n'appréhende pas la définition (je préfère) en fait partie mais à vrai dire cela ne me concerne en rien.
-je ne fréquente pas les punks, je les deteste et c'est réciproque, je ne leur transmettrais donc rien.
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zongo
Ermite.



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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 11 Fév - 19:57

Kolia a écrit:
Bon, comme RadioBlog est en reconversion et que dire "mais c'est absolument génial !!" avaence pas à grand chose, je suis aller te choper un truc sur Fluctuat. Je sais pas si ça te donnera envie mais c'est le genre de trucs que tu peux apprécier.

Citation:
Dopplereffekt : l'électro à géométrie variable

Posté par Maxence le 25.07.07 à 18:47



Gerald Donald principal activiste de Dopplereffekt est un petit rigolo. Ok, on vous dira qu'il existe d'autres membres de cette étrange, et surtout mystérieuse entité, mais n'en tenez pas compte. De toute façon ne tenez compte de rien concernant Dopplereffekt. Né à Detroit dans le sillage d'autres mythologiques bestioles polymorphes et sans visages comme Drexciya ou le collectif U.R., Dopplereffekt et ses membres respectent à la lettre le dogme techno des origines qui veut que tout producteur, musicien, DJ, garde l'anonymat le plus total. On sait pourtant que sous ce pseudonyme aux consonances scientifiques (l'effet doppler, tout simplement) se cache le plus souvent le fameux Gerald Donald plus haut cité. C'est lui qui répond (ou pas, plus souvent pas) aux interviews, c'est lui (?) que l'on voit dans les clips du "groupe" etc...

Profondément impliqué dans le champ de la recherche et de la hard science contemporaine, aussi bien que dans celui de l'activisme politique et scientifique, Gerald Donald a toujours eu à coeur de traduire dans une musique complètement instrumentale (ou presque) les théories scientifiques les plus ardues et avant-gardiste. Une passion qu'il partage à égale mesure (et ce n'est pas le moindre des paradoxes cultivés par ces artistes afro-américains, voir Kool Keith, Lee Perry, etc...) avec le sexe bizarre et/ou extrême (on se souvient du "I wanna be a porno star" plus que souvent joué par tous les DJ de la planète) ainsi que la science-fiction la plus débridée. On lui doit, entre autre, les théories qui accompagnaient son magnifique projet electro-ambient Arpanet, où il annonçait dans un titre d'ouverture d'anthologie (un mantra electronica vocoderisé captivant) et avec 5 ans d'avance, que les technologies sans fil seraient bientôt le vecteur de diffusion numéro un des technologies de l'information. Dopplereffekt aime également parer ses productions de titres scientifiquement évocateurs comme "Cellular Phone", "Linear Accelerator", "Infophysix", une tendance qu'il mixe avec celle des brûlots politiques les plus revendicatifs (voir Fascist State, carrément, le premier album de Dopplereffekt).

Ainsi un titre comme Calabi Yau Spaces n'est pas gratuit. Pour faire court disons que "l'espace de Calabi Yau" est un terme décrivant une variété mathématique utilisée dans divers domaines, dont la géométrie algébrique et la physique quantique (notamment en physique théorique dans l'élaboration de la théorie des supercordes, soit l'une des voies actuelles, envisagées pour régler une des questions majeures de la physique théorique : "comment fournir une description de la gravité quantique en unifiant la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale ?"). Cette théorie est utile pour calculer, la surface, la longueur, la largeur, bref l'espace, d'un tore à multiple points d'interception. Vous savez, ces formes géométriques repliées sur elles-mêmes, et qui selon nos scientifiques, seraient l'image même de notre univers imbriqué avec d'autres univers parallèles. Vous suivez toujours ? Tout cela donne une petite idée des obsessions du bonhomme. Et la musique dans tout ça me direz-vous ? Et bien justement, elle répond parfaitement à ces théories, du moins par ses ambiances et la structure en tore complexe de ses compositions. De fait, les morceaux de Dopplereffekt sont de parfais petits espaces de Calabi Yau. Ses compositions s'enroulent sur elles-mêmes, cliquetantes et vibrantes, partent dans un sens puis dans un autre en se retournant comme une chaussette, imprévisibles, certainement indansables mais fascinantes. On est loin, loin, de la techno ici. Plus proche de l'electronica d'Arpanet ou des compositions abstraites des pionniers de la musique concrète ou de l'ambient. Le tout se déroule dans une impression d'infinitude quasi magique, nous donnant l'impression d'appréhender le vide inconnaissable du cosmos et les mystères physiques de l'univers. Somptueux.


Dans la même vaine, Autechre sort un nouvel album, Quarisitice, le 3 mars chez Warp. Il est déjà disponible en téléchargement légal sur Bleep.com et marque l'arrêt de la tendance à la pure recherche abstraite qu'ils avaient jusque là.


Gerald Donald, c'est pas celui qui se faisait appeler "a guy called Gerald" ? Si c'est lui alors je connais, c'est un vieux de la vieille.

Edit : enfait non je viens de vérifier c'est pas lui. Bon ben je vais essayer de télécharger un truc pour tester.

Sinon Autechre je l'écouterai aussi, je les ai tous en fait Smile
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Mar 26 Fév - 22:25

J'ai lu une des meilleures critiques musicales à propos de leur nouvel album, par un mec qui aime la musique et qui sait en parler, qui donnerait envie à n'importe qui d'écouter du Autechre :

Citation:
Autechre - Quaristice.



Vous imaginez bien que c'est la fête sur ces pages. De savoir qu'Autechre, pour moi l'une des plus grandes formations de la musique actuelle, sort un nouveau disque, ça me rend tout chose. Surtout quand un disque annoncé début Mars débarque sans prévenir un mois avant sur la plateforme de vente du label, en format digital. Alors je ravale tous mes beaux discours sur la dématérialisation de la musique, et j'achète les mp3 avec une larme perlant sur le coin de l'oeil, en me disant que la vie, c'est drôlement beau parfois. Surtout que je ne me suis toujours pas remis de la claque administrée par leur dernier opus, Untilted , qui était absolument magistral...

Une donnée retenait drôlement mon attention depuis l'annonce de ce Quaristice : Son Tracklisting. 20 morceaux ! Vingt ! Twenty ! Veinte ! Ichi ni-truc ! Presque autant de morceaux que sur les trois derniers disques réunis... Qui dit liste impressionante de titre dit forcément durées plus brèves des essais, à moins de taper dans l'orgie de Skit façon Boards Of Canada. C'est aussi de là que pointait l'inquiétude. Il fallait faire le deuil des fresques de 10 minutes parcourant les galettes d'Autechre.

Et c'est clairement l'axe qui va le plus bousculer dans Quaristice. Surtout pour les fans suivant le groupe depuis des années. Peur de se répéter ou simple envie d'opérer différemment, les deux scientifiques du groupe changent complètement, avec ce nouveau découpage, la façon dont nous devont aborder la musique d'Autechre. Sans même avoir posé une oreille sur le disque, on devine qu'il va falloir se heurter au syndrome des morceaux inutiles, ou anodins. De voir la durée des pièces raccourcir d'une façon drastique va nous exposer à la frustration de ne pas assister à une mutation complète. Il est de toute façon clair que même Autechre ne pourrait aligner vingt Gantz Graf d'affilée, fresque courte mais si riche, si parfaite qu'elle n'avait aucunement besoin de s'étendre pendant des lustres.

Bref, malgré l'excitation liée à la découverte d'un monument, on ne peut s'empêcher de tirer un peu la gueule avant de faire claquer le disque dans notre lecteur. (Oui oui, je n'ai toujours pas de lecteur Mp3) Sans savoir que cette moue dubitative allait rapidement se faire balayer par un sentiment d'émerveillement. Momentané. Mais clairement présent. Pourquoi momentané ? Parce que les 7 premiers titres administrent les premières grosses taloches, sans ménagement, et d'une belle façon. Ce qui vient ensuite, nous allons en parler après.

Ce qui étonne immanquablement, c'est cette très belle ouverture de disque, Altibzzz, extrêmement paisible. Morceau d'ambiant aux teintes tres belles, composé de simples nappes aux sons ronds et chauds, comme le groupe n'en faisait plus depuis un bail.
Mais l'expérimentation reprend ses droits dès The Pic électro minimale qui se change en être hideux en fin de parcours, et surtout IO, morceau de bravoure terrifiant, aux beats claquants comme la mort, replongeant dans le coté old-school des premières oeuvres autistiques d'Autechre, que l'on croisait dans Chiastic Slide. Des voix en putréfaction vomissent un babillage inintelligible, la mélodie est maladive et le rythme s'emballe pour se figer dans une transe indescriptible. Bref, on triture au maximum, mais une structure et des balises rythmiques permettent de ne pas se perdre totalement dans le flot sonore.

Mais à dire vrai, les deux grands morceaux de ce premier tiers de disque sont clairement Plyphon et Simmm. Ils vont surement rester sur toutes les bouches, come etant de grands grands titres du duo anglais. Le premier, est d'une complexité affolante, tout en vomissant une certaine immédiateté refoulée. Un objet difforme, hallucinant, se nécrosant sur lui-même comme le plus repoussant des cadavres, éructant des zébrures synthetiques sublimes. Imaginez la nécrose d'un cadavre immonde provoquer des relents d'eurodance, et vous y etes. Oui c'est ça, Plyphon, c'est passer un titre des Masterboys dans un réacteur d'avion. Un beat ultra sourd et appuyé bastonne comme jamais, des éclats metalliques giclent dans tous les coins, et une mélodie tente de s'échapper de ce magma, de cette fusion inéxorable. Elle crie, elle se débat, pour mieux se faire tabasser par le pilonnage d'un métronome devenu hystérique. Le son est à tomber par terre, et l'impression de "vie" inhérente à pas mal de morceaux d'Autechre prend ici tout son sens. C'est bien une entité monstrueuse qui s'ébranle dans nos oreilles. Qui crie, qui hurle, qui implose, qui s'arrache les viscères. C'est bien un coeur qui s'impose comme rythme pour nos tympans. Mais son existence est bien trop courte. Bien trop éphémère. Première victime du format "court". On aurait aimé partager les souffrances de cet être sur un temps doublé. Sur 7 voir 10 minutes. On se contentera de cet aperçu, si dantesque soit-il.

L'autre titre soulevé plus haut, Simmm impose enfin une durée décente aux élucubrations d'Autechre. Et risque d'être rapidement gravée dans le marbre. Démarrant sur une mélodie cristalline et limpide, le morceau va rapidement se faire rattraper par une cavalcade claudicante, désincarnée, étrange, similaire à une vieille boite à musique flinguée, pour se laisser submerger par un mur de crasse sonore à faire pâlir tout androïde digne de ce nom. On nage en pleine mixture cauchemardesque. Comme si tous les jouets d'un magasin pour enfant prenaient vie, et se mettaient à vous sauter dessus en criant comme des forcenés, avec des ressorts et des vis sautant dans tous les rayons. Mais les batteries semblent faire défaut, et ce mælstrom cauchemardesque va échouer sur un lit de coeurs fantomatiques, pour un final sublime, tout en retenu, à vous arracher le coeur. Ce titre, c'est les montagnes russes de l'expérimentation. On passe du limpide au psychotique sans sourciller en 5 minutes, avec une conclusion rêvée. Masterpiece.

Je parlais de 7 morceaux. Si l'on excepte le tres court Senderemawe qui est plus dans la continuité de son précédent qu'autre chose, il reste à citer Perlence, qui ne rassurera pas sur l'état mental de nos compères du jours. La mélodie candide entamant le titre est littéralement balayé par un rythme pachydermique, complètement saccadé, emmenant nos oreilles dans une guerre de l'an 3000. La structure du tout est juste impressionnante, ne serait-ce que d'un point de vu "conceptuel". A ce niveau, c'est du rarement entendu. Pourtant, loin de se complaire dans une conception seulement arty, Perlance développe une musicalité de folie, sur un ensemble carrément jouissif. A croire que les mecs ont voulu mettre en musique une pluie d'astéroïdes.

Et là, sans prévenir, voila que le sol se dérobe une première fois. Paralel Suns sonne le glas de la perfection, pour s'aventurer sur le terrain de l'anodin. Terme que je n'avais pas apposé sur du Autechre depuis des lustres. Ce titre est anodin. Attention, je n'ai pas dis mauvais. Juste inoffensif. On pourrait s'enorgueillir sur le fait que le morceau marque une pause salvatrice dans ce déluge sonore, et que la profondeur des échos est assez stupéfiante. Certes. S'il était le seul. Deux plages plus loin, c'est Tankekern, qui, s'il impressionne avec cet aspect "Tunnel sous couvert d'apocalypse" ne débouche sur rien.

Voila le vrai problème de Quaristice. Certains titres ne débouchent sur rien. Ils sont là, ils sont content, déplient leurs squelettes, parfois impressionnants, mais rien à faire, au moment où l'on attend la suite, où l'on va avoir les yeux qui vont briller d'émerveillement, rien, que dalle, on passe à la suite. C'est comme vous foutre un plat de lasagne super alléchant devant vous, on vous le fait bien sentir, la croûte craque sous la perfection de la cuisson, et hop, au moment de planter votre fourchette, on vous chipe le plat en vous annonçant que en fait, c'est pour la table d'à coté. Tankekern aurait pu être un titre ultime, si il avait prit de la hauteur, si Autechre avait décidé de le travailler avec amour pendant plus d'une demi-douzaine de minute. Là, on est face à une ébauche. A un "bout".

Dans une interview, l'une des têtes du groupe explique que les vingt titres résultent d'une difficulté à choisir dans le tas. Pour eux, tout était bon, impossible de mettre des entités de coté. C'est louable. Mais cela donne aussi l'impression que la formation n'est pas allé jusqu'au bout des choses. On n'avait pas été habitué à ce que Autechre traite son album avec une attitude presque dilettante, genre "bon on file 20 cartouches plutôt bonnes, débrouillez vous avec". M'enfin attendez. Je dis, ça, mais les morceaux anodins forment une partie infime de ce qui compose Quaristice. Fwse ou BNC Castl en font parti. C'est cool, mais rien de transcendant. Ils seraient absents qu'on ne s'en porterait pas plus mal. Personnellement (et je précise bien cela, vu combien la subjectivité prime sur un album d'Autechre) les seuls titres que l'on pourrait qualifier de mauvais sont Fol3 "hey-si-on-froissait-du-papier-pendant-quatres-minutes- et-on-rajouterai-des-reverbs-sur-le-tout-ça-pourrait-etre-sympa-ah-ouai-cool" et Notwo, où l'on se fait quand même drôlement chier.

Alors heureusement, il reste des titres de folie. Steels pour exemple, qui porte on ne peut mieux son nom. Déflagration ultra-sourdes à faire trembler les vitres, façon "bête gigantesque faisant trembler l'horizon à chacun de ses pas", brisures métalliques débarquant dont ne sait où, pour former une masse ahurissante et indescriptible, ce morceau ne ressemble à aucun autre. Beaucoup prieront aussi devant Chenc9, qui semble tout droit sortir de LP5, l'album où Autechre semblait tenter un rapprochement avec l'IDM warpienne dans ce qu'elle avait de plus immédiat.. Le rythme concassé qui fuse, telle une drum & bass défigurée, s'enchante de pouvoir convier un synthé fragile tout droit sorti d'un disque d'Aphex Twin. C'est superbe, un peu old-school mais assez déglingué pour ne pas sentir le renfermé. On se prosterne.

Même son de cloche pour 90101-51-I énormissime piste rave "à la Autechre". On pose un clavier de folie, ça se brise toutes les deux secondes, ça explose, ça crie, ça se révolte, mais cela reste furieusement entraînant. Ce titre, c'est aller sur un dancefloor après avoir pris toutes les drogues de la terre.

Et comme tout disque d'Autechre qui se respecte, on a le droit à une conclusion fabuleuse, tirant (enfin !) sur plus de 7 minutes. Qui prend le contre-pied de l'album, avec son atmosphère extrêmement paisible, légère, dénuée de tout conflit. On va longuement divaguer sur un semblant d'instrument asiatique, qui distille ses notes avec parcimonie, sur un accompagnement minimaliste, voir décharné. Un vrai désert après l'orgie métallique courant sur Quaristice. Pour s'effacer, se dérober au profit de chants plaintifs, timides, étouffés. On se ballade dans une église complètement vide, simplement traversée par le vent. Autechre fait de al musique avec du vide. Avec le silence. Impose une ambiance, un recueillement. Il n'y a rien, ou presque durant ces 7 minutes. Et pourtant, tout se tient, rien n'est superflu, rien n'est à ajouter. Là est le paradoxe. Quaristice veut nous submerger avec des morceaux en veut tu en voila, des orgies de sons, et, au final, nous émerveille avec du vide.

Quaristice est un excellent disque. De musique électronique, de musique tout court. Le travail sur le son est encore aberrant, certains titres tuent. Mais il manque une petite chose qui faisait d'Untilted, de Tri Repetae ou de Confield des albums parfaits. Quaristice n'est pas parfait. Le choix d'imposer une multitude de morceaux, d'essais, sans jamais donner la chance à certains de s'épanouir nuit au tout. On est frustré. Frustré de sentir que certains morceaux sont justes les fondations de qui auraient pu être des monuments.

On ne pourra pas reprocher à Autechre de s'être reposés sur leurs lauriers, de ne pas avoir pris de risque. Quaristice change complètement la donne et la façon d'aborder le groupe. Là où les néophytes de la formations ne seront peut être pas dérangés outre mesure, il y a là pour l'habitué un véritable travail mental à faire pour accepter ce visage d'Autechre, plus court, plus concis, et pas toujours pertinent dans ses choix. De plus la multitude d'univers abordés dans cette nouvelle galete pourrait faire passer cette dernière pour un Best-of Autechre, un panel de ce que peu faire le groupe. Oui, il y a du Amber, du Tri Repetae, du LP5, ou du Confield dans ce Quaristice. On pourrait même s'amuser à replacer les titres dans leur contexte, comme un enfant qui s'amuserait à foutre des triangles et des carrés dans leurs socles respectifs.

En fait, Quaristice souffre du même défaut que LP5 ou Chiastic Slide : l'inégalité. Malgré toute ses qualités, il ne forme pas un socle uniforme et parfait comme pouvaient se le prévaloir Untilted ou Tri-repetae. Je ne parle même pas de qualité, mais simplement de cohérence. Qui rendent ces derniers uniques. Et indispensables.

La déception de voir Autechre s'éparpiller, et ne pas s'acharner à tirer le meilleur d'une petite poignée de morceaux est grande. Ce ne sont pas les quatre ou cinq morceaux moyens qui portent préjudice à l'album. Mais bien le fait qu'aucun titre ne dépasse les cinq minutes qui géne. On a l'impression d'avoir un disque trop encadré, limité, voir censuré par les artistes eux mêmes... Un comble pour des types qui arrivaient à insuffler une véritable aura, un coté vivant à leurs créations sans avoir peur de les étirer sur un quart d'heure. La où le groupe pouvait me faire chialer avec les 3 premiers titres d'Untilted ne ravira mes esgourdes que d'une façon plus brève, moins introspective. Ce qui donne un album d'une qualité évidente. Mais qui restera dans l'ombre de certains monolithes du groupe, qui flirtaient, eux, avec la perfection.

Quaristice, lui, se contente de naviguer entre excellence et sentiments mitigés. Ce qui est deja pas si mal.

20 Titres - Warp

Dat'
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K.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Sam 22 Mar - 19:59

La semaine dernière, anniversaire du label Institubes au Bataclan. Eux-mêmes ils en revenaient pas de l'ambiance. Pour un petit aperçu :




Et demain soir :

SugarHill Gang et Grand Master Flash au Batofar. (Ca va être dingue)
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 15:07

C'était encore plus fou que ce que j'avais imaginé. Pour la première fois de l'histoire, SugarHill Gang, GrandMaster Flash, Curtis Blow et Grand Wizard Theodore réunis sur la même scène. Soit toutes les légendes fondatrices du hip-hop. Le tout dans un club de 450 personnes, au premier rang (donc facile de leur serrer la main, monter sur scène etc. drunken ). Il y avait une ambiance de folie, le public était incroyablement varié (du vieu noir super connaisseur, à la petite blanche super sapée en passant par le breaker de 16 piges) et super soudé. Comme si la solennité de l'événement avait provoqué une espèce de solidarité entre toutes les personnes présentes. Et franchement, de ma courte vie, j'ai vu que la musique réussir à réunir dans une telle communion des gens si différents. Puis même les artistes étaient sur le cul de voir l'ambiance et l'espèce de ferveur qu'il y avait. Puis ils ont pu faire passer leur message, même s'ils étaient en terrain conquis, que le hip-hop c'est pas une histoire de haine, de bling-bling ou de salopes, qu'à la base c'est "love and fun" et que ça a été perverti par les industriels de la musique etc. SugarHill Gang devait passer à minuit, finalement ils sont arrivés àh mais dès la première note de Rapper's Delight, c'était l'émeute. Ca a l'air con mais c'est le genre de soirée qui prouverait à n'importe qui, même à Prufrock (?!), que le multiculturalisme n'a pas que des mauvais aspects, au contraire.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 16:50

Kolia dédicace ton post à Kemper

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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 17:09

Ah putain j'avais pas vu ce post avant, j'aurais pu y aller... Sad Sad Sad

ca avait vraiement l'air dément. C'est génial qu'ils aient donné un live dans une salle aussi conviviale.

Fais chier putain merde.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 17:19

Surtout que c'était même pas complet. Je sais, je remue le couteau dans la plaie mais je trouve ça scandaleux pour des mecs pareils.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 17:21

Pas complet??? Shocked
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 24 Mar - 17:37

Non. Et pourtant le Batofar c'est pas plus de 450 personnes. Ca la fout mal.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 10 Nov - 18:44

Citation:
Vendredi 14 novembre
GHETTOBLASTER à l'Elysée-Montmartre :



Tribute to ZULU NATION

Avec : AFRIKA BAMBAATAA, KURTIS BLOW, DJ REVOLUTION, DJ Fab & DJ Suspect.
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MessageSujet: Re: Vos plus beaux concerts   Lun 10 Nov - 21:46

Premier concert en salle depuis qu'on a plus le droit de fumer : Nnka
Une gentille petite nana très mignonne et avec une belle voix.
C'était bien mais je suis sûre qu'avec fumer ça aurait été encore mieux.
Donc pas le plus beau mais le plus clean c'est sûr Smile
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Vos plus beaux concerts

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