Petite précision avant d'aller plus loin.
Ceci est une reprise du sujet "vivre sans chefs", dans une perspective différente.
Si le débat va plus loin, il sera peut-être intéressant de faire un parallèle avec le premier débat.
Ici je pose la question de façon plus restreinte.
...
Il est déjà arrivé dans l'histoire que les hommes, soit par option sociale soit par nécessité, aient eu à se passer de loi pour vivre ensemble.
En général, la loi du plus fort resurgit, la voie évangélique - l'Espoir de Dieu ! - n'a jamais, jamais triomphé. L'espoir communiste a fini en une immonde dictature.
L'espoir libertaire a péri sous les assauts répétés et le plus souvent concertés de tous les autres partis...
Il est compréhensible que faute de mieux, on s'accroche à une démocratie qui n'en a guère que le nom, et encore un peu d'apparence, en attendant que la tolérance zéro en vienne à s'appliquer à la moindre déviation de la trajectoire "normale".
Mais la démocratie est à la merci d'une mise à nu (celle-ci semble s'effectuer à vitesse accélérée depuis quelque temps)
Tous verront alors la véritable "tyrannie douce" (Tocqueville) dans quoi s'est rétrécie leur vie (voir sur ce site:
pensee-multiple.forumactif.com/politique-f3/une-si-douce-tyrannie-limplacable-vision-dalexis-de-tocqueville-t1710.htm).Il se peut aussi que le bel édifice devienne ingérable, vire au chaos, annonciateur de changements radicaux.
A ce moment précis, la question du droit a toutes les chances de revenir se poser en pratique, et l'enjeu sera rien moins que fonder un nouveau monde.
J'en viens à essayer de te répondre, Anna.
Je ne sais pas grand chose des "propriétés" de l'homme (c'est une réelle interrogation ), :mais une me semble manifeste : sa liberté, donc sa capacité à évoluer de lui-même, à faire des choix.
Toujours est-il qu'en effet, le droit naturel (notion relative) a été chassé, remplacé par le droit coutumier, le droit divin etc, etc. Bref, des droits qui ont ceci de commun qu'ils ne partent jamais de l'individu (contrairement au droit naturel, qui s'applique directement pour chacun).
Or le droit naturel, par l'égalité et la réciprocité qu'il présuppose... naturellement, ne s'en est pas trouvé affiné, enrichi ou "transcendé" comme tu dis, mais exclut au profit des "princes" et de leurs "docteurs", qui n'aiment ni l'égalité ni la réciprocité réelles.
Car qu'est-ce que le droit naturel ?
"Le droit naturel est un droit idéal, conçu à partir des caractères physiques et psychiques fondamentaux de l’être humain. Il se construit au fur et à mesure des lents progrès de la civilisation, sous l’empire de la raison, à la lumière des expériences vécues à travers le temps et l’espace. Honni par les régime politiques totalitaires, il renaît avec plus de vigueur après chaque époque de mise à l’écart. Ébauché jadis dans les Dix commandements, il a inspiré les Déclarations de droits de l’homme édictées de la seconde moitié du XXe siècle. Pris dans son intégralité, il s’efforce de déterminer les droits et les devoirs de l’homme envers lui-même, envers sa famille, envers la société comme envers autrui."
(Jean-Paul DOUCET, ancien professeur des Facultés de droit, ancien titulaire de la rubrique de Droit criminel à la Gazette du Palais : ledroitcriminel.free.fr/)
Arrivé à ce point, je vois peut-être une réponse à ta question : "comment bâtir un projet de société sur l'hétérogénéité de cette dite conscience?"
Il semble bien qu'il faudra toujours aux hommes en quelque sorte "miser" sur un "fond" commun (le bon sens, Dieu, l'instinct...).
A défaut, par gros temps social, barbarie qui menace... nous pourrions nous replier sous les dix commandements...
Mais la perspective dévoilée par Jésus est nettement plus enthousiasmante.
Le "fond" commun à tout homme, selon lui, non seulement n'est pas arrêté dans son rayonnement par l'hétérogénéité des consciences, mais s'y...
fond : en aimant mon prochain
comme moi-même, nous transcendons ensemble - sans besoin de "droit" pour ça - nos antagonismes, différends, etc.
Ce "fond" universel peut suffire comme "loi",
s'il est suffisamment activé dans suffisamment d'êtres.
Jésus l'appelait Amour et s'en servait comme d'une bombe spirituelle face aux religieux de son temps.
Demain,
puisqu'il n'y aura plus de déluge, je m'attends à une Trombe de vérité, traversant la terre éperdument.
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"Ce que vous faites de bien ou de mal, vous le faites à vous-même."