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La place de Jésus dans l'islam

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karg se
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MessageSujet: La place de Jésus dans l'islam   Dim 5 Aoû - 21:23

La place de Jésus dans l’Islam

Par Cheikh Khaled Bentounès
vendredi 27 juillet 2007

Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf - soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message rnohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, ... Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes... notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?... Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.


Cheikh Khaled Bentounès

Fraternité soufie Allawiyya, Président honoraire de l’Association Internationale des Amis de l’Islam, France. Président d’Honneur de l’Association Terres d’Europe
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 18:39

Merci pour cet article particulièrement intéressant Karg Se. Smile

Cheikh Khaled Bentounès a écrit:
Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ?

Voilà un non-sens au regard des débats théologiques d'alors qui portaient en réalité sur l'articulation entre la nature divine et la nature humaine. Cela étant, la religion islamique n'a guère été influencée par les différentes doctrines évoquées par Cheikh Khaled Bentounès pour une raison fort simple: les hétérodoxies orientales existant au moment de la création de l'islam tendaient toutes à reconnaître la nature divine du Christ voire même à lui nier toute nature humaine. C'est par exemple le cas de la doctrine monophysite, qui pullulait alors de l'Éthiopie au Caucase, en passant par la Mésopotamie et l'Inde.

Citation:
Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

La réhabilitation de la Sainte Vierge, pour reprendre l'expression inappropriée de ce Cheikh, remonte en réalité au début du 4ème siècle et sera formalisée lors du Concile d'Éphèse, en 431, en réaction à l'hérésie de Nestorius. Ce n'est donc pas tant Mahomet que Saint Cyrille d'Alexandrie qu'il convient de célébrer sur ce premier point.

Citation:
En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie.

Pour mémoire, la foi chrétienne d'alors en Abyssinie -et elle n'a en vérité pas changé depuis- reconnaissait fermement au Christ une seule nature... divine. Toute interprétation religieuse de cet acte d'hospitalité est vouée à l'échec tant le monophysisme contredit frontalement la doctrine islamique.

Citation:
Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts.

Ce passage est confus car je n'arrive pas à saisir s'il fait allusion à la résurrection de Saint Lazare par le Christ ou à la résurrection du Christ en tant que telle. S'il évoque le second point, force m'est dès lors de constater qu'il s'éloigne objectivement du Coran qui affirme que le Christ n'est pas ressuscité pour la simple et bonne raison que la divinité islamique l'aurait soustraite à la croix. Cette version coranique rejoint d'ailleurs étrangement la plupart des mythes anciens qui tendent à faire croire à une substitution de la victime émissaire, afin de masquer les vérités effroyables qu'ils contiennent.

Citation:
« Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète »

Mahomet, en tentant de rattacher sa religion à la révélation abrahamique, se heurte là à un obstacle difficilement franchissable: le dernier des prophètes ne peut être que Saint Jean-Baptiste à en croire l'Écriture. Cette contradiction est d'autant plus insurmontable que l'islam reconnaît et vénère Saint Jean-Baptiste, dont la tête est d'ailleurs conservée au sein même de la Grande mosquée de Damas.

Citation:
Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions.

Je crains pour le coup que ce monsieur ne confonde le Christ avec Mani. Ce n'est pas un hasard si le christianisme professe le dogme de la résurrection des corps.

Citation:
C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171

La notion d'incarnation du Verbe est contredite explicitement par le Coran, sourate 112, verset 4: [Allah] n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Il est toutefois intéressant de noter que le dogme islamique se construit par négation explicite du dogme chrétien.

Citation:
Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé.

Voilà qui est déjà plus conforme à la doctrine islamique classique... mais c'est parfaitement incohérent au regard de l'allusion au Verbe incarné de Saint Jean.
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 20:00

Woua, t'es sacrément au point sur le sujet...
ton post est plus intéressant que 5 pages d'insultes et de médisance sur le forum de sarkozyste.
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 20:33

karg se a écrit:
Woua, t'es sacrément au point sur le sujet...
ton post est plus intéressant que 5 pages d'insultes et de médisance sur le forum de sarkozyste.

Sans aucune fausse modestie, tout cela est en réalité bien superficiel. Il faut hélas être rentier ou clerc pour pouvoir aujourd'hui encore s'adonner de manière approfondie à cette science tant la littérature sur la question est écrasante. Une bonne maîtrise du latin mais aussi du grec ancien est également fortement recommandée. J'ai un respect infini pour ceux qui ont le courage de s'atteler à une tâche aussi titanesque. Bien sûr, il en va de même pour ceux qui se consacrent à la seule philosophie ou à je ne sais quelle autre science jugée stérile car improductive matériellement par l'esprit de notre temps. Je suis néanmoins heureux de savoir mon message nettement plus agréable à lire que des pages entières de polémiques partisanes. Cette année d'élections aura au moins eu le mérite de me détourner de manière durable de la politique française. Smile

Pour en revenir à cet article, je crois qu'il a surtout le mérite de prouver qu'il existe une réelle pluralité au sein de l'islam. Certes, son auteur passera pour un hérétique aux yeux de la plupart des musulmans et leurs critiques seront probablement fondées puisque le syncrétisme est ici évident. Quoi qu'il en soit, je préférerais que cette version de l'islam l'emporte sur les islams davantage orthodoxes mais il s'agit là de la réaction un rien prétentieuse d'un parfait étranger à cette religion.
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 20:54

Je suis pas du tous croyant mais l'ouverture et ce discours m'a séduit, alors je l'ai posté ici et sur le forum des sarkolâtres, où j'ai subit un volé de bois vert (si j'ose dire). Me suis même fait traiter de musulman...
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 21:40

Je n'ai pas résisté à la curiosité de parcourir le fil en question et c'est pour le moins consternant.

Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de rectifier un certain nombre d'approximations au sujet de l'anéantissement des chrétiens de Turquie. Il faut tout d'abord comprendre que cet anéantissement est le fruit du travail de trois régimes bien différents: le sultanat, le gouvernement jeune-turc et la République turque. Sans entrer dans les détails, on peut dire que le sultanat est à l'origine des prémices du génocide arménien, que le régime des jeunes-turc a accompli le gros de cette besogne macabre et que la République turque a parachevé le crime. Si l'ordonnateur principal de cette extermination, le régime jeune-turc, était une caste de libéraux francs-maçons issus de Salonique se souciant fort peu de l'islam, il n'en demeure pas moins que l'exécution à l'échelle locale mêla épuration ethnique et épuration religieuse. Ceux qui acceptaient de se convertir à l'islam avaient en théorie la vie sauve, a fortiori lorsqu'il s'agissait d'enfants... comme la propre fille de Kemal! On ne peut par ailleurs passer sous silence le fait que le sultan, qui faisait certes de la figuration depuis la révolution de 1909, déclara tout de même la guerre sainte aux infidèles présents sur le sol turc en octobre 1914. Le sultan ottoman avait également le titre de calife à cette époque, c'est à dire le titre de commandeur des croyants. Kemal ne prit pas part au génocide arménien de manière directe mais il le paracheva en interdisant aux survivants de revenir en Turquie et en réhabilitant, souvent à titre posthume, les dirigeants jeunes-turcs condamnés lors des procès de Constantinople. Il est par contre directement responsable de l'expulsion des Grecs de Ionie, des massacres de Smyrne et de Cilicie ainsi que de la guerre totale menée contre la jeune République arménienne.

PS: Voilà ce qu'un nazi issu d'un milieu catholique pouvait penser de la religion de sa famille:

Journal de Joseph Goebbels, 6 janvier 1932 a écrit:
Je suis excommunié de l'Église catholique. Crétins de curés! Je chie sur ces singeries stupides. J'ai coutume de révérer le Bon Dieu à ma façon à moi.

À savoir:

Journal de Joseph Goebbels, 16 octobre 1928 a écrit:
Le national-socialisme est une religion. Il ne lui manque que le génie religieux qui fasse exploser les antiques formules ayant fait leur temps. Il nous manque le rite. Il faut que le national-socialisme devienne un jour la religion d'État des Allemands. Mon Parti est mon Église...

Que de digressions. Embarassed
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Lun 6 Aoû - 23:21

Citation:
Voilà un non-sens au regard des débats théologiques d'alors qui portaient en réalité sur l'articulation entre la nature divine et la nature humaine.


Justement, certains chrétiens pensaient que le Christ était et homme et DIeu, mais de façon distincte. D'autres pensaient qu'il n'était que Dieu et le pouvoir impérial byzantin a voulu concilier tout ça en disant que le Christ était tout autant homme que Dieu.
Ceci a vallu quelques belles années de prises de têtes avec excommunications et anathêmes à tout va (le mieux étant de lancer un concile et de prendre les décisions avant que le parti adverse ne se rendent au débat, ce qui arriva aux nestoriens).
Il y avait donc un probleme réel sur la question humaine du Christ.

C'est très concis, il faut que je retrouve mes cours de seconde année (au bout de deux ans, c'est un peu flou, faut dire que les querelles théologiques ne sont pas ma priorité Very Happy ), quand je rentre de vacances, je pourrais donc développer.
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Mar 7 Aoû - 0:11

Hoche a écrit:
(le mieux étant de lancer un concile et de prendre les décisions avant que le parti adverse ne se rendent au débat, ce qui arriva aux nestoriens)

La controverse au sujet des thèses de Nestorius était déjà tranchée, le concile oecuménique servant uniquement à réaffirmer les vérités de la foi chrétienne. L'absence de certaines Églises, pour cause d'instabilités régionales chroniques, provoqua toutefois des malentendus lourds de conséquences. Les Églises orientales refusèrent ainsi le Concile de Chalcédoine car, ne pouvant être présentes, elles préférèrent s'en tenir à Éphèse par crainte d'avaliser une résurgence du nestorianisme. Si ces schismes importunèrent les Grecs, ils ne dérangèrent pas le moins du monde les Latins lorsqu'ils s'installèrent en Cilicie. De fait, il n'est guère aisé de savoir si le credo de Saint Grégoire de Narek -pour prendre un exemple particulièrement vicieux- est grec, latin ou monophysite.

Citation:
Il y avait donc un probleme réel sur la question humaine du Christ.

Or l'incompatibilité irréductible entre le christianisme et l'islam porte sur le caractère divin de la nature du Christ et non sur son caractère humain. Il est dès lors inepte d'énoncer une quelconque paternité spirituelle entre les hérésies chrétiennes qu'a pu connaître Mahomet -j'insiste sur ce point: sans vouloir paraître offensant, je doute que Mahomet ait eu en sa possession des écrits de Priscillien- et la religion que créa ce dernier.

Citation:
C'est très concis, il faut que je retrouve mes cours de seconde année

À défaut de cours, ce site fort peu ergonomique recoupe la plupart des textes fondamentaux sur la question. Smile
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MessageSujet: Re: La place de Jésus dans l'islam   Mer 8 Aoû - 0:31

Citation:
À défaut de cours, ce site fort peu ergonomique recoupe la plupart des textes fondamentaux sur la question.




C'est surtout pour l'analyse qu'en avait fait mon prof (et puis mon "ex" fac ayant le meilleur département français sur la question, autant en profiter Smile )

Citation:
La controverse au sujet des thèses de Nestorius était déjà tranchée, le concile oecuménique servant uniquement à réaffirmer les vérités de la foi chrétienne.


Trancher, oui et non, Nestorius était encore influent et les conflits ne cessairent pas pour autant.



Citation:
Il est dès lors inepte d'énoncer une quelconque paternité spirituelle entre les hérésies chrétiennes qu'a pu connaître Mahomet -j'insiste sur ce point: sans vouloir paraître offensant, je doute que Mahomet ait eu en sa possession des écrits de Priscillien- et la religion que créa ce dernier.


Là faut voir avec un spécialiste. Ce que j'en sais, c'est que les contemporains chrétiens voyaient dans les débuts de l'Islam, une nouvelle "hérésie chrétienne". Le gros probleme que pose le sujet des débuts de la chrétienté (au niveau dogme et tout le reste) et de l'Islam, c'est que même à l'époque, personne n'y comprenait rien, si ce n'est les évêques dis grecs (les romains eux même en perdaient leur latin).
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