Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1063 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Théorie de l'Evolution II : Bergsonisme Dim 4 Mai - 13:47 | |
| | Citation: | « Il est inutile d’entrer dans le détail des observations qui, depuis Lamarck et Darwin, sont venues confirmer de plus en plus l’idée d’une évolution des espèces, je veux dire de la génération des unes par les autres depuis les formes organisées les plus simples. Nous ne pouvons refuser notre adhésion à une hypothèse qui a pour elle le triple témoignage de l’anatomie comparée, de l’embryologie et de la paléontologie. La science a d’ailleurs montré par quels effets se traduit, tout le long de l’évolution de la vie, la nécessité pour les êtres vivants de s’adapter aux conditions qui leur sont faites. Mais cette nécessité paraît expliquer les arrêts de la vie à telles ou telles formes déterminées, et non pas le mouvement qui porte l’organisation de plus en plus haut. Un organisme rudimentaire est aussi bien adapté que le nôtre à ses conditions d’existence, puisqu’il réussit à y vivre : pourquoi donc la vie est-elle allée se compliquant, et se compliquant de plus en plus dangereusement ? Telle forme vivante, que nous observons aujourd’hui, se rencontrait dès les temps les plus reculés de l’ère paléozoïque ; elle a persisté, immuable, à travers les âges ; il n’était donc pas impossible à la vie de s’arrêter à une forme définitive. Pourquoi ne s’est-elle pas bornée à le faire, partout où c’était possible ? pourquoi a-t-elle marché ? pourquoi - si elle n’est pas entraînée par un élan, à travers des risques de plus en plus forts, vers une efficacité de Plus en plus haute ?
Il est difficile de jeter un coup d’œil sur l’évolution de la vie sans avoir le sentiment que cette poussée intérieure est une réalité. Mais il ne faut pas croire qu’elle ait lancé la matière vivante dans une direction unique, ni que les diverses espèces représentent autant d’étapes le long d’une seule route, ni que le trajet se soit effectué sans encombre. Il est visible que l’effort a rencontré des résistances dans la matière qu’il utilisait ; il a dû se diviser en chemin, partager entre des lignes d’évolution différentes les tendances dont il était gros ; il a dévié, il a rétrogradé ; parfois il s’est arrêté net. Sur deux lignes seulement il a remporté un succès incontestable, succès partiel dans un cas, relativement complet dans l’autre ; je veux parler des arthropodes et des vertébrés. Au bout de la première ligne nous trouvons les instincts de l’insecte ; au bout de la seconde, l’intelligence humaine. » |
Henri Bergson, L'énergie spirituelle
| Citation: | Bergson accepte le fait de l’évolution des espèces et reconnaît à juste titre la pertinence de l’approche darwinienne, bien qu’il cite à égalité la théorie de Lamarck qui est longtemps restée en France en concurrence avec celle de Darwin. Mais il va en montrer les limites. L’interprétation strictement matérialiste de l’évolution qui réduit tout à un jeu de hasard et de nécessité des organisations matérielles jusqu’à produire des organismes vivants puis la conscience humaine ne sera pas tant rejetée que réinterprétée d’un point de vue qui l’embrasse tout en montrant les limites d’une perspective qui s’y réduirait.
A vrai dire Bergson va montrer que l’évolution matérielle qu’on peut schématiser comme une adaptation au milieu produit par le biais du hasard et de la nécessité est un aspect sinon l’envers matériel d’une évolution de la conscience dans la matière vers toujours plus de conscience incarnée dans la matière. La philosophie peut développer cette vision de l’évolution qui pourra peut-être ouvrir la science à de nouveaux types de questionnement que le positivisme scientifique jugeait déplacés.
Comme Bergson malicieusement le dit à la fin de cette conférence, Auguste Comte lui-même, l’un des pères fondateurs du positivisme, du point de vue de la physique pensait que la connaissance de la composition chimique des astres lointains nous était interdite, mais la science a été au-delà de cette soi-disant barrière de la connaissance. Ainsi, de même que la science par l’interaction à distance connaît la composition chimique des astres lointains, il est pensable pour Bergson que la science par le biais de l’interraction entre la matière et la conscience ait accès à une connaissance objective d’un aspect de la conscience totalement immatériel. La science objective rejoindrait alors sa vision philosophique pour l’essentiel intuitive qui voit dans l’évolution des espèces le produit d’un élan vital de la conscience à l’oeuvre dans la matière pour y incarner de plus en plus de conscience. |
http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/spip.php?article90&artsuite=0 _________________ « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit, N'a pour elle-même aucun soin, – ne demande pas : suis-je regardée ? » Angelus Silesius
Dernière édition par Infinity le Dim 4 Mai - 14:22, édité 2 fois (Raison : Rectification du titre.) |
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Infinity modérateur


Age : 19 Inscrit le : 01 Juil 2007 Messages : 1063 Localisation : près de Toulouse
 | Sujet: Re: Théorie de l'Evolution II : Bergsonisme Dim 4 Mai - 14:34 | |
| ceci n'est pas une hypothèse scientifique mais métaphysique, puisqu'elle fait intervenir une "conscience immatérielle".
pour ceux que ça intéresse, il y a le livre "L'évolution créatrice" qui expose la théorie bergsonienne de l'élan vital (au programme de l'agreg de philo cette année).
j'indique cette hypothèse pour ceux que le matérialisme darwinien laisserait un peu sur leur faim. (par matérialisme j'entends l'idée qu'il n'y a rien en dehors des explications scientifiques, lesquels concernent la "matière" et non "l'esprit"). _________________ « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit, N'a pour elle-même aucun soin, – ne demande pas : suis-je regardée ? » Angelus Silesius |
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beld Schtroumpf Prof'


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 | Sujet: Re: Théorie de l'Evolution II : Bergsonisme Dim 4 Mai - 14:37 | |
| La science n'a pas encore accès à l'"esprit". Peut être un jour ? L'évolution étant un cheminement sur des milliards d'année, notre cerveau a du mal à l'appréhender de même qu'il a du mal à appréhender l'érosion. |
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