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| | Formation des médecins en France | |
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| Auteur | Message |
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Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Formation des médecins en France Mer 30 Jan - 13:07 | |
| Je mets ça dans "science", mais ça ne me satisfait pas, il n'y a pas de rubrique société .
Je l'ai lu après qu'on ait posté l'article sur les pilules (dans "actualité" il me semble), car il y a un passage portant sur la formation (ou plutôt son absence...) des médecins en matière de contraception, de relations humaines, etc. Mais bon, comme ça peut faire un sujet à part entière, je le mets ici. Comme ça, ça justifiera qu'on demande au citoyen lambda d'avoir un esprit critique (ça ne veut pas dire tout jeter, mais plutôt ne pas gober n'importe quoi), même devant ses "experts", qui ont aussi leurs faiblesses, et qui sont aussi corruptibles que les autres (exit la croyance que le médecin est un demi-dieu!)
Tiré du Monde diplo (janvier 2004) La mise en gras de certains passages est de mon fait.
| Citation: | Les failles du système de santé français
Médecins sous influences
Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie devrait rendre public, d’ici à la fin janvier, son rapport destiné, officiellement, à établir le bilan de la Sécurité sociale française et, officieusement, à préparer les esprits à sa réforme. Déjà, le plan « Hôpital 2007 » préparé par le gouvernement, qui transforme les établissements publics en entreprises « productrices de soins », risque d’aggraver les difficultés. Les ratés actuels du système de santé posent aussi la question de la formation des médecins.
D’où proviennent les disparités de la densité médicale, sinon du privilège exorbitant qu’ont les médecins de choisir leur spécialité et leur lieu d’exercice en fonction de leurs seuls désirs et au mépris des besoins de ceux qu’ils soignent ? Pourquoi laisse-t-on le fossé se creuser entre les régions surmédicalisées (Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur) et les autres ? Pourquoi continue-t-on à former et à rémunérer au rabais les généralistes et à favoriser des spécialistes moins utiles et plus coûteux en prescriptions ?
Même si les professionnels répugnent à le reconnaître, la réponse est simple : former des médecins, c’est former une aristocratie.
En 1968, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’inégalité face aux études médicales et pousser les facultés à s’ouvrir. Mais, au tout début des années 1970, le numerus clausus a réinstauré une sélection sociale déguisée, véhiculée par les matières « fondamentales » (mathématiques, physique, chimie). Le corps médical tenait à rester un corps d’élite.
Le concours de première année est le reflet cruel de cette idéologie. Plutôt que d’organiser un examen d’entrée juste après le bac, comme pour d’autres écoles supérieures, on force des milliers de jeunes gens à s’entasser dans les amphithéâtres pour s’échiner à ingérer des matières sans rapport avec le soin physique, chimie, statistiques ou très éloignées de la pratique. Les candidats recalés (80 %) sont brisés par ces deux années de lutte qui ne leur ont épargné aucune humiliation. Les reçus ne sont pas moins ébranlés : on leur a appris, de fait, à considérer leurs condisciples comme des ennemis et non comme des camarades avec qui ils soigneront. Et, une fois passé le barrage du concours, on les exhorte à remettre ça pour préparer un second concours, l’internat, depuis longtemps destiné à créer une élite à l’intérieur de l’élite.
Une véritable réforme de l’enseignement viserait à donner à tous les étudiants une formation solide, qui s’appuie sur une évaluation des connaissances libérée de tout bachotage. Au lieu de quoi, la sélection se poursuit. Mais comment un processus aussi aliénant pourrait-il produire des praticiens investis d’une vision collective, solidaire et responsable du soin ?
Deux heures pour la contraception
Archaïque et épuisante, cette succession de concours et de classements favorise tout naturellement les étudiants les plus agressifs, les plus défensifs, parfois même les plus pathologiques. Ceux-là mêmes qui se préoccuperont le moins de partager les sentiments d’autrui et viseront surtout... le pouvoir : celui des chefs de service et responsables d’enseignement. La médecine française est ainsi dirigée depuis près d’un siècle par nombre de professeurs arrogants, refusant d’admettre que les patients puissent discuter leurs décisions et incapables de transmettre aux jeunes médecins une éthique du soin, de la solidarité et du partage.
A Kansas City (Missouri), les étudiants admis en médecine après quatre années d’université reçoivent, en cadeau de bienvenue, un fort volume intitulé On Doctoring (« Sur le soin (1) »). Anthologie de textes littéraires consacrés à la maladie, au soin, à la vie et à la mort, elle contient des textes de la Bible, mais aussi de Jorge Luis Borges, Franz Kafka, William Carlos Williams, Anton Tchekhov, Margaret Atwood, Kurt Vonnegut Jr, Pablo Neruda, Conan Doyle et de médecins écrivains contemporains connus et respectés hors de France, tels Abraham Verghese et Jack Coulehan. On offre ce livre aux étudiants, explique le médecin responsable de l’enseignement, « parce qu’ils en apprendront plus sur le soin dans la littérature que dans les livres de pathologie où l’on n’apprend que la médecine ».
A Amsterdam (Pays-Bas), les étudiants en médecine sont sélectionnés par tirage au sort à la fin du lycée ; les promotions reflètent des milieux sociaux, des aspirations, des goûts et des cultures extrêmement divers. Les Néerlandais pensent que ce qui permet de devenir un bon médecin, ce ne sont pas les aptitudes innées, mais le soin avec lequel on est formé. Au cours de réunions trimestrielles, les internes sont invités à décrire leurs conditions de stage, l’attitude et le comportement des médecins qui les encadrent, afin de vérifier périodiquement que les uns et les autres sont effectivement propices à leur formation. Chaque promotion élit à la commission d’enseignement un(e) représentant(e) disposant d’un droit de veto. Si l’un des enseignants pressentis est contesté par les étudiants, il n’est pas embauché.
En Allemagne, la formation spécifique des médecins généralistes inclut la participation à des groupes Balint. Psychiatre anglais d’origine hongroise, Michael Balint (2) créa dans les années 1940 des groupes composés d’une dizaine de médecins. Animé par un psychanalyste, chaque groupe se réunit une ou deux fois par mois pour aborder les écueils relationnels que rencontrent les soignants et parler de désir, de répulsion, d’angoisse, de chagrin, de colère, d’agressivité, de peur et de doute. En Allemagne (mais aussi en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Scandinavie, en Amérique du Nord), il va de soi que se pencher sur ses failles et fêlures d’être humain, ça fait du bien aux médecins... et aux patients. En France, à l’inverse, les étudiants sont depuis toujours incités à refouler leurs sentiments. La pratique de Balint est méprisée dans la majorité des facultés, et les groupes ne rassemblent que quelques centaines de soignants dans tout le pays.
Car les facultés de médecine de l’Hexagone ignorent (ou méprisent) la dimension relationnelle du soin. A l’aube des années 1980, on exposait encore sans vergogne des patients devant les groupes d’étudiants, comme on le faisait au XIXe siècle. Actuellement, le cours en amphithéâtre a toujours force de loi ; les étudiants doivent boire la parole de leurs maîtres sans jamais la questionner ; les grandes visites avec aréopage n’ont pas disparu, pas plus que les consultations où les patients défilent devant une dizaine de regards.
Il n’y a pas de consensus national sur le fond et la forme de l’enseignement transmis aux étudiants : d’une région à une autre, la teneur des cours reflète les opinions personnelles des professeurs en chaire. Le corps médical français semble avoir pour particularité d’ignorer que le savoir évolue sans cesse.
Incapables de délivrer autre chose que des banalités sur des sujets aussi cruciaux que la sexualité, la prévention des interruptions volontaires de grossesse (IVG) et des grossesses non désirées ou le dépistage et la prévention des maladies, la plupart des chargés de cours affichent sur ces sujets une ignorance confondante. Un exemple représentatif : alors que toutes les méthodes contraceptives ou presque sont commercialisées dans notre pays, les études les plus récentes (3) montrent que la plupart des grossesses non désirées qui se soldent par 220 000 IVG annuelles ont pour cause les informations insuffisantes ou inappropriées délivrées par des médecins qui ne connaissent que la pilule contraceptive et rejettent les méthodes plus sûres que sont le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet), l’implant contraceptif et les progestatifs injectables !
Les femmes représentent 70 % des consultants en médecine générale, mais fécondité et contraception n’ont droit, au mieux, qu’à... deux heures d’enseignement bourrées de notions fausses et inopérantes.
Et s’il n’y avait que la contraception ! Il a fallu attendre 1995 pour qu’un ministre de la santé (M. Philippe Douste-Blazy) propose un enseignement obligatoire du traitement de la douleur dans toutes les facultés et 2001 pour qu’un autre (M. Bernard Kouchner) impose la mise en place de protocoles de traitement de la douleur dans tous les services. Car trop d’enseignements sont conçus par des hospitaliers ignorants de tout ce qui n’est pas leur domaine. Les médecins généralistes et les épidémiologistes conscients des besoins de la population sont rarement mis à contribution.
Les jeunes médecins terminent donc leurs études bardés de notions très pointues sur le diagnostic et la chimiothérapie des leucémies, mais commencent leur exercice sans rien savoir de la fatigue, de la douleur, de la migraine, des comportements sexuels, de la grossesse, de l’alimentation des enfants, du dépistage des troubles de la croissance et du comportement, de la prévention et du traitement de l’obésité, de la surveillance des affections chroniques, du suivi des personnes âgées, de l’accompagnement des mourants... Bref, du soin au jour le jour.
Former en nombre suffisant (on en est loin) des médecins compétents et conscients de leurs responsabilités sociales, valoriser la médecine de famille et les spécialités utiles (la chirurgie générale manque de praticiens...) et favoriser les installations dans les lieux qui en ont besoin conduirait à une meilleure délivrance des soins. Les services d’urgence cesseraient alors d’être submergés par des grippes et des gastro-entérites qu’on peut soigner à domicile, et la Sécurité sociale ne s’en porterait que mieux.
Certes, les hôpitaux français ne manquent pas d’étudiants et de soignants de bonne volonté qui, depuis trente ans, luttent pour instaurer d’autres relations de soin et d’autres formes de transmission du savoir, tout en dénonçant les insuffisances gouvernementales. Depuis plusieurs années, avec des moyens limités et malgré des obstacles administratifs souvent désespérants, une minorité active de généralistes combatifs s’efforce d’organiser des séminaires de formation permanente, indépendants et de grande qualité. Mais les efforts de ces praticiens lucides et dévoués sont sans cesse battus en brèche par des ennemis bien plus puissants que l’immobilisme des mandarins.
En faculté de médecine, l’enseignement de la pharmacologie et de la thérapeutique est inexistant ou inadapté et on n’apprend pas aux étudiants la lecture critique des articles scientifiques. Cette lacune majeure de la formation initiale fait le jeu d’une industrie pharmaceutique dont l’influence sur le corps médical français (4) est phénoménale. Livrés à eux-mêmes, les jeunes praticiens deviennent une proie facile : les revues professionnelles sont presque toutes, peu ou prou, financées et contrôlées par l’industrie. L’exception la justement réputée revue Prescrire devrait faire partie des lectures obligatoires de tout médecin en formation, mais nombre de médecins hospitaliers, eux aussi manipulés par l’industrie, ignorent ce précieux outil.
Face à des visiteurs médicaux rompus à la séduction, à la flatterie, à la culpabilisation, à la corruption déguisée, les médecins dénués d’esprit critique se retrouvent bien désarmés et croient assurer leur formation continue en participant aux symposiums et aux congrès financés par les laboratoires pharmaceutiques. C’est ainsi que la France est devenue le premier consommateur au monde de tranquillisants et d’antidépresseurs et que, chaque année, les prescriptions inadaptées se soldent par 140 000 hospitalisations pour accident médicamenteux, dont 9 % de décès (5).
Un médecin correctement formé explique beaucoup, rassure sans cesse (dans la population française, les maladies graves sont infiniment moins fréquentes que les affections bénignes), éduque à tour de bras, passe son temps à faire de la prévention, mais, surtout, prescrit très peu de médicaments, d’examens complémentaires et d’hospitalisations ! Objectivement, ni l’industrie pharmaceutique ni les fabricants d’appareillages médicaux ne tiennent à ce que ces médecins-là soient majoritaires.
On peut en juger au travers du paradoxe qui suit : on observe trois fois plus de grossesses non désirées chez les utilisatrices de pilule que chez les utilisatrices de stérilet. Un stérilet au cuivre coûte 27 euros et peut être gardé dix ans, quand la plupart des pilules coûtent 20 euros par trimestre. Pourtant, les médecins français prescrivent quatre fois plus souvent la pilule que le stérilet (on ne leur apprend pas à le poser). Qui a intérêt à ce que les médecins imposent à leurs patientes la méthode la plus coûteuse et la moins efficace des deux ? Qui préfère ignorer que, chaque année, des milliers de femmes, mal informées par des praticiens manipulés, sont contraintes d’avorter ?
Martin Winckler. |
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"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Jeu 31 Jan - 19:43 | |
| Bonjour,
Pour ceux qui se dise "quel impoli celui la de pas se présenter" je précise juste que c'est déjà fait depuis un certains temps mais que pour des raisons diverses il y a pas mal de temps que je ne suis pas venu faire un tour ici.
Je tiens à réagir à cette article que j'ai lu dans ses grandes lignes.
Si j'ai bien compris ce dernier tire la conclusion suivante : La formation des médecins à la française est à chier. Je suis entièrement d'accord la dessus en apportant d'autres arguments que ceux de notre article. Allez voir dans un amphi de PCEM 1 (personnellement je connais toulouse et bordeaux et c'est le même combat donc ça doit être un peu pareil partout) le désastre. A toulouse tout particulièrement il est quasiment indispensable de se payer une prépa privée pour obtenir l'intégralité des cours (6000 euros l'année! ). Et oui car les profs de facs sont aussi prof dans ces prépa, donc ils profitent complétement de ce système scandaleux. De plus la mentalité des étudiants est aberrante. Ce ne sont pas les plus doués qui réussissent a passer en première année ce sont ceux qui auront réussi à écraser le plus possible leur camarade. Les amphi ne sont qu'un immense bordels ou personne ne peut suivre un cours correctement j'en passe et j'en oublie... Enfin bref après il ne faut pas s'étonner de se retrouver avec pas mal de médecins incompétents méprisants et ne s'intéressant qu'au fric.
Après j'ai aussi lu que l'industrie pharmaceutique souhaite des médecins qui prescrivent le plus de médoc possible. Par la force des choses je travaille pour quelques années à Sanofi-Aventis Recherche et développement. Et bien je dois dire que ce n'est pas cette mentalité qui règne chez nous. Notre préoccupation n'est pas de refourger le plus de produits aux médecins mais plutôt de rechercher le produit le plus efficace possible dans un grand nombre de domaine thérapeutique. Pour accréditer cela il suffit de regarder notre portefeuille de molécule pour s'apercevoir que celui ci est faible). Autrement dis nous axons nos recherches sur ce qui facilite la guérison pas spécialement sur ce qui rapportent. Après des médicaments comme plavix ont rapporté et rapporte toujours beaucoup d'argent, mais il ne s'agit en aucun cas d'une arnaque cet anti coagulent est bel et bien très efficace sur les êtres humains.
Bref tout ça pour dire que je ne comprend pas bien cette facilité qu'il y a à nous tirer dessus à boulets rouges alors que le problème ne vient pas de la pharmacie mais de la médecine. Les médicaments n'ont pas pour but de tout soigner car il faut être conscient de la part de psychologie qu'il y a dans de nombreuses maladies. |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Jeu 31 Jan - 21:13 | |
| Je suis globalement d'accord.
La question des laboratoires pharmaceutiques est complexe et ne peut évidemment pas se réduire à une diabolisation type "labos= Mal Absolu". Un domaine aussi crucial que la santé (l'industrie pharmaceutique, mais aussi les médecins, les hôpitaux, etc.) doit être étudié de façon critique, et il y a des enjeux qu'il faut bien percevoir. Une vigilance extrême est de rigueur, notamment quand les questions de profit et/ou de pouvoir entrent en jeu. Ce que je déplore est que trop peu de gens semblent s'intéresser au domaine de la santé et aux problèmes qu'il pose. Or, c'est un secteur-clé, et il me paraît par conséquent important (voire capital) que les gens s'informent à son sujet. Il y a trop de problèmes graves dans ce domaine, et qui sont trop peu connus; j'estime que ce qui a été rapporté à propos du service de santé dans le milieu carcéral, dans un autre sujet fait partie de ces problèmes, scandaleux, mais qui ne sont pas si relayés que ça dans l'opinion publique. Comment remédier à ces problèmes, s'ils ne sont pas ouvertement dénoncés? Une attitude du genre "laissons faire les experts" m'apparaît en cela dangereuse, car ils sont autant soumis (sinon plus) aux luttes pour l'argent et/ou le pouvoir que le citoyen lambda.
L'ambiance en fac de médecine ne m'étonne pas, du reste: j'y ai un ami (qui a dû se payer des cours du soir en complément), et d'après ce qu'il nous raconte, tout y est fait pour encourager la compétitivité et l'agressivité des étudiants. Jusqu'aux coups les plus bas du type mise hors service des photocopieuses, "fausses annonces" prétendant que tel cours est annulé, afin que les plus crédules loupent des informations précieuses, bordel jouissif et soigneusement entretenu par les "carrés", ces fameux doublants qui retentent la première année, ayant déjà les cours, et dont la principale préoccupation est de perturber le plus possible les première année pour augmenter leurs propres chances de réussir le concours... Voilà le vivier où se recrutent nos médecins, généralistes ou spécialistes. Là encore, comme pour la pharmacie, il y en a bien qui sont honnêtes et passionnés, et heureusement. Seulement, j'ai bien peur qu'ils ne soient pas la majorité. _________________
"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Jeu 31 Jan - 22:59 | |
| Pourtant systématiquement dès qu'il y a un coupable un désigner dans ce domaine on se reporte systématiquement sur l'industrie pharmaceutique... Cette article n'est qu'une des innombrables preuves qui me permettent de dire ça. L'auteur n'a pas put s'empêcher de dire que le responsable de ces problèmes c'est l'industrie pharmaceutique. (Voir essentiellement les phrases en gras de fin de l'article (d'ailleurs deuxième parenthèses tout bon journaliste mais toujours ces arguments chocs à la fin de son article)).
Alors qu'en réalité nous ne "jouons" pas dans la même catégorie (comme je l'ai déjà dit auparavant). On peut même pousser la chose jusqu'à dire que la médecine peut survivre sans la pharmacie mais certainement pas l'inverse.
Il y a quelque chose à souligner : tu dis que ces sciences sont tellement importantes et qu'ils ne faut pas les laisser aux experts. Récemment, tu en as peut être entendu parler, une association française de consommateurs célèbre à fait l'énorme connerie de dire que plavix peut provoquer certaines complications, et donc il serait bien que les patients l'utilisant stoppe le traitement. Les organismes de santé ont de suite réagi fort justement en dénonçant le grand danger de ce genre de propos. En effet si le patient lambda entend cela, il serait foutu de jeter son traitement à la poubelle. Le soucis c'est que dans ce cas c'est corbillard assuré. Oui la situation est complexe mais cet exemple justifie bien leur présence. Peut être qu'il faudrait responsabiliser tout le monde dans ce domaine ? (tache colossale il y a un an je me contrefoutais totalement du domaine de la santé et j''étais le premier à tirer à vue sur les labos pharmaceutiques) de nationaliser une partie du secteur pharmaceutique ? (Quoique en ce moment heureusement que ce n'est pas le cas sinon bonjour les régressions, et puis si on commence à tout nationaliser on s'en sort plus).
Voila j'arrête de dériver légèrement du sujet mais bon l'article parle bien de ça. ^^ |
|  | | beld Schtroumpf Prof'


Inscrit le : 05 Mai 2007 Messages : 3530
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Ven 1 Fév - 7:26 | |
| Cet article est vraiment super, merci. Je pense que de manière plus génrale l'enseignement en France ne fait aucune place au travail en équipe, à la collaboration et aux qualités humaines. Ceux qui réussissent sont parfois névrosés.
Merci aussi caton pour ce témoignage.  |
|  | | Ady Saltimbanque.

Age : 21 Inscrit le : 27 Juin 2007 Messages : 1282 Localisation : Essonne
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Ven 1 Fév - 8:43 | |
| Très intéressant oui 
Compétition avant la coopération 
De quoi monter les uns contre les autres, d'écraser les autres pour se hisser, d'oublier la solidarité, et s'enfoncer dans l'individualisme (au sens péjoratif^^)... _________________ Travaille à contrer Babylone Obéit à ton esprit Consomme le strict minimum et Oublie tout ce qu'on t'as appris Insiste, persiste, résiste, existe ! |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Ven 1 Fév - 12:33 | |
| | Caton l'ancien a écrit: | | tu dis que ces sciences sont tellement importantes et qu'ils ne faut pas les laisser aux experts. |
Non, ce n'est pas ce que je pense, ni ce que je dis. Ce que je dis, c'est que c'est tellement important pour chacun, que chacun devrait se tenir informé, et ne pas oublier d'avoir un regard critique sur les informations qu'on lui donne. Il ne faut pas tout attendre des experts, et il y a bien des choses qui pourraient se résoudre sans faire systématiquement appel à un médecin, par exemple. Seulement, beaucoup de gens sont trop insuffisamment informés, et ne font rien pour pallier à ce manque (peut-être parce qu'ils sont convaincus que ce sont à d'autres _les experts_ de s'en occuper, et pas à eux). Conclusion: perte de temps, d'argent, etc.
Je crois que l'on peut plus facilement attaquer l'industrie pharmaceutique parce qu'elle fait plus directement référence au commerce, donc à la notion de profit. Et le commerce des médicaments, ça peut* marcher comme les autres secteurs: s'il n'y a pas de demande, on crée la demande, en faisant de la publicité, comme vous pouvez le constater tous les jours à la télé j'imagine. Pourquoi? Parce qu'il faut bien que les commerciaux vendent leurs produits (on ne peut pas nier que les labos fabriquent des médicaments, qui sont autant de produits à vendre). C'est parce qu'une logique de marché vient s'imbriquer dans le domaine capital qu'est la santé, qu'il peut y avoir inquiétude, méfiance, voire hostilité vis-à-vis de certains laboratoires, pas de tous, mais je ne m'y connais pas assez pour m'y engager davantage. Ce qui est sûr, c'est que l'industrie pharmaceutique n'est pas la seule présenter des risques potentiels; comme indiqué dans l'article, et c'est même son sujet principal quoique vous en pensiez (en tout cas c'était ce sujet que je voulais traiter en postant cet article, cf titre du topic) la médiocrité de la formation des médecins en présente tout autant, voire davantage. Le problème, c'est que la notion de profit y est moins directe, donc elle est moins aisément condamnable peut-être.
Mais il y a encore des médecins qui se font arroser par les labos, buffets gratuits, etc, ça c'est clair et indéniable. Et je ne vois pas pourquoi on condamnerait seulement une part de l'industrie pharmaceutique, quand certains médecins marchent aussi, et bien volontiers souvent, dans la combine.
Je dirais même que l'industrie pharmaceutique n'est pas la grande coupable de l'affaire; on sait que c'est (aussi) un commerce et qu'elle doit bien vendre ses produits, c'est la logique commerciale. En revanche, les médecins ne sont pas obligés de tomber dans le panneau, ni de prescrire à leurs patients des médicaments de telle entreprise, parce que le repas gratuit donné par cette même entreprise, c'était bien sympa, ou parce que la visiteuse médicale était bien mignonne.
*on remarquera que j'insiste sur la dimension potentielle, et pas nécessaire de ce que j'évoque (en gras et en italique): c'est à chaque fois, "dans certains cas, pas dans tous". Je ne sais pas si toutes les entreprises pharmaceutiques fonctionnent ainsi, mais je sais que ça existe, et c'est le principal.
J'ai pas l'habitude de faire des généralités, mais je me sens toujours obligée de le re-préciser, toujours peur que les gens se sentent directement visés, moi. _________________
"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Sam 2 Fév - 11:29 | |
| Plusieurs points de dialogues :
Sur le médicament comme banal secteur commercial.
- Une fois de plus si j'ai bien compris tu avances que le commerce de médicaments peut marcher comme d'autres formes de commerces. Heureusement que non ! Je n'ai jamais vu un secteur aussi drastique que le secteur de la santé, nous ne pouvons vraiment pas faire n'importe quoi. Des instances très puissantes comme la Fda aux états unis étudie la viabilité de chaque médicament candidat à la commercialisation. Après cette organisation n'est pas tout à fait impartiale dans le sens ou si deux médicaments équivalents (un de chez nous, un autre de pfizer numéro mondial et accessoirement américain) sortent à peu près en même, nous l'aurons dans le pif (triste vécu). Mais d'un point de vue purement scientifique, je ne crois pas que des pseudos médicaments soient sur le marché. La batterie de tests que nous leur faisons subir est déjà extrèmement drastique (10 années minimum de développement par molécule!). De la même manière de par mon travail je suis amené à travailler sur la formulation de ces molécules pour le compte de mon entreprise, et jamais je n'irai foutre des molécules toxiques dans mes préparation. Et même si je le faisais ma solution serait envoyée à la poubelle car non conforme. Pour conclure je rappelle juste que j'ai bien lu que tu n'envisages cela que comme un possibilité et non pas comme une généralité et ce paragraphe traite juste de cette possibilité. Après il y a toujours moyen de passer entre les mailles du filet...
Sur "les buffets gratuits"
-Je ne comprends pas trop quand tu parles de lien direct entre nous et les médecins. Justement nous n'en n'avons pas tant que ça puisque les autorités nous sépare drastiquement. Un médecin ne prescrira un médicament que si celui-ci a été validé et testé par les autorités type fda. Peut être parle tu de médecins franc-tireurs (pas forcément isolé mais qui agissent comme bon leur semble, voila ce que j'entends par franc-tireur) qui se contrefoutent de ces conseils ? Possible et on revient au problème de départ sur la formation de nos médecins. Après il est vrai que mon entreprise comme les autres communique sur ce qu'elle fait et c'est bien normal à mon sens. Il est important pour nous de faire connaitre en permanence nos activités et nos axes de développements. Et puis des brebis galeuses, il y en a partout nous ne sommes pas épargnés.
Sur le dialogue internet en général. (hors sujet léger mais à mon sens nécessaire)
Désolé de te (ou vous) faire répéter certaines choses ou de mal les comprendre mais ce n'est vraiment pas facile de communiquer clairement. C'est d'ailleurs pour cela que je ne fréquente quasiment plus ce genre de site. Tout est prétexte à argumentation confusion et mésentente. Tu a bien fais par exemple de préciser la dimension potentielle des choses que tu évoques, c'est bien la première fois que je vois ça sur ce genre de forum. Quand je lis un article je m'intéresse plus particulièrement aux points de désaccords plutôt qu'aux points d'accords. Donc une fois de plus mes excuses, et j'éspère que je vous apprends quelques trucs comme vous m'en apprenez de nombreuses choses quand je viens lire quelques pages. |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Sam 2 Fév - 15:58 | |
| Plusieurs points en effet, le sujet est complexe.
Je ne considère pas le médicament comme un banal secteur commercial, mais disons que je ne serais pas étonnée si les "lois du commerce" y venaient prendre part, ça me semble même logique. Je me doute bien aussi que les précautions sont de mise dans ce secteur. Le problème d'un forum, comme tu l'as suggéré, c'est que l'on ne peut pas vraiment s'appuyer sur le concret; je n'ai pas de preuve de ce que tu avances, mais je ne vois pas non plus pourquoi je pourrais mettre en doute ce que tu dis. En revanche, je suppose qu'il doit y avoir une chaîne, et que te trouvant à une certaine place de la chaîne (la conception visiblement) tu peux ne pas forcément savoir ce qui se passe à d'autres niveaux. En fait ce n'est pas histoire de dire qu'il y a forcément quelque chose de pourri dans le système, ce n'est pas du tout ce que je crois c'était juste une remarque en passant. Il y a des gens qui ne se rendent pas compte de ce qui se passent à d'autres niveaux de leur entreprise, ça arrive, c'était juste pour le faire remarquer. Ça ne veut pas dire que je mets en doute tes propos, ou l'honnêteté de ton employeur, puisque je n'ai pas les moyens de vérifier quoique ce soit.
En revanche, je ne me rappelle pas avoir parlé de "lien direct"? Il n'y en a pas forcément entre le concepteur du produit et le prescripteur du produit, mais il arrive qu'il y ai une sérieuse propagande qui vient s'intercaler dans la chaîne, entre les deux. Parfois, c'est juste, comme tu le soulignes, histoire de faire connaître le produit. D'autre fois, c'est quand même plus incitatif, et c'est là que je parlais de méthodes qu'on pourrait qualifier de "corruptrices" en quelque sorte. Tout dépend de l'entreprise, des objectifs, etc. Les brebis galeuses, il y en a partout effectivement.
Il est vrai qu'une discussion claire serait très difficile, car ce genre de sujet aborde plusieurs questions, chacune très complexe et soumise à débat. Il n'y a pas de problème pour ne s'attacher qu'aux points de désaccord. D'ailleurs, quand je relis la conversation, je me dis que nous n'avons pas vraiment de points de désaccord en fait, c'est juste qu'il est fatiguant de tout préciser à chaque fois, pour chacun. J'ai apprécié que quelqu'un vienne s'opposer à la condamnation générale des labos, c'est un point de vue auquel je n'avais pas vraiment été confrontée jusqu'alors. Pas besoin de t'excuser, il n'y a aucun mal, d'ailleurs c'est même très intéressant. _________________
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|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Formation des médecins en France Sam 2 Fév - 23:17 | |
| Il est vrai je suis d'accord que le médicament est vu comme un secteur commercial, mais j'insiste bien sur son coté particulier. Il n'est pas nécessaire de créer la demande tellement elle est présente dans notre monde. Des maladies il en existe de tout types de toutes sortes, nous ne manquerons jamais d'objectifs à atteindre et ce n'est pas avec nos générations que cela changera bien au contraire, c'est une hypothèse un peu malheureuse mais qui n'est pas coupée de la réalité. Notre crainte n'est pas de manquer de maladie mais de manquer de molécules actives et efficaces. Au début je me disais : oui c'est dégueulasse que les labos ne se préoccupe pas plus du sida ou de toutes ces maladies qui ravagent les populations pauvres. Et bien je me plantais complètement nous cherchons partout car à partir du moment ou un médicament est réellement efficace il trouvera preneur peu importe les populations ciblées. C'est vrai je ne connais pas tout d'un secteur qui m'est toujours assez nouveau et je connaitrais jamais tous les rouages commerciaux de la chose ce n'est pas mon domaine d'activité et je ne suis pas franchement un adepte du capitalisme pour m'y intéresser à corps perdus. Toutefois cela me permet de me forger une opinion qui je pense plus conforme à celle que j'avais avant.
Pour conclure nous sommes donc d'accord sur le fait que les tirs nourris dont sont victimes les entreprises de la santé sont régulièrement injustifiés et souvent proférés en non connaissance de cause ce qui est regrettable. Ce secteur est vraiment très complexe et drastique. Heureusement pour nous d'ailleurs que tout n'est pas permis, sinon bonjour la catastrophe...
En tout cas votre forum à l'air de qualité et je vous en remercie.  |
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