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| Auteur | Message |
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Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Sam 1 Mar - 18:21 | |
| Tant mieux qu'on ne soit pas d'accord pour une fois 
Mais je crois que c'est juste en surface, car sur le fond on se rejoint: je comprends très bien qu'une douleur suite à un décès, dans certaines situations dont la tienne d'après ce que j'ai compris, se muent en dépression, et durent. Et là ça devient pathologique comme tu l'as dit. Le problème pour moi était le recours systématique aux anti-dépresseurs chez certaines personnes, y compris dans les cas où le chagrin est tout ce qu'il y a de plus normal; pour illustrer cet exemple j'ai cité le deuil, mais il va de soi que cet exemple ne fonctionne plus lorsque le deuil donne lieu à une véritable dépression.
La dépression, ça peut venir de "rien", mais ça peut aussi être déclenché ou développé par un événement comme celui-ci. Et comme je le disais, quel que soit la situation, la dépression c'est une forme de maladie, qu'il peut être nécessaire de soigner avec des anti-dépresseurs.
Alors après, en plus tout dépend des personnes; ma sœur prend ce genre de traitement (pas ceux dont il est question dans l'étude britannique) et elle va beaucoup mieux quand elle le suit, il ne faut pas se voiler la face. D'autres réagissent différemment, je suppose qu'il peut y avoir des cas de dépendance, etc. L'être humain n'est pas une machine. Si Caton l'Ancien passe par là peut-être qu'il apportera d'autres lumières au débat, on avait déjà discuté des labos dans un autre sujet. |
|  | | Anna Ivrogne lascive


Age : 25 Inscrit le : 18 Mar 2007 Messages : 2504 Localisation : Paris
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Sam 1 Mar - 18:29 | |
| Oui, bon en fait on est bien d'accord... Oui, prendre des neuroleptiques tout de suite après un deuil c'est de la pure connerie, puisque la dépression post deuil est normale et qu'en plus ces médicaments inhibant la douleur, empêche l'évolution normale du deuil. Mais ça rejoint ce dont on parlait ailleurs: on n'a pas le temps, pas le temps d'accepter, pas le temps d'être malheureux, moins rentable etc...
Et oui, il y a donc des deuils pathologiques, moi je suis toujours dedans pour un deuil qui malheureusement est dans l'ordre des choses. Mon plus jeune frère est sous traitement du même genre de produits que ceux que j'ai eus depuis longtemps, pour crises d'angoisse, et ses médicaments ont changé sa vie, réellement et de manière complètement visible, du coup, il a réduit, très doucement, sous contrôle médical, et il va toujours "aussi bien"; Moi, je ne les ai pas supportés longtemps (en plus ils m'ont rendue très malade physiquement, puisque j'ai mis un bon mois avant de les supporter), et même si je ne vais pas forcément mieux sans (encore que), au moins, je ressens des choses.
Et oui, il y a diffèrentes formes de dépressions, réelles je veux dire, pas de déprimes qui je suis certaines sont trop traitées en France à l'aide d'antidépresseur, l'avantage de celles liées au deuil est qu'elles sont assez facilement diagnosticables. _________________ "Les Droits de l'Homme s'effacent toujours devant les Droits des Asticots" Desproges |
|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Dim 2 Mar - 11:14 | |
| | Anna a écrit: | Ouais mais ça rapporte moins d'argent, surtout aux labos...
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Bein voyons... Je m'attendais a ce que cette facile remarque tombe plus rapidement pour être honnête.
Pour les antidépresseurs, un article interne à la boite a été publié récemment . Des études sont menés, dans le milieu, et ce qui se passe en réalité c'est seul les études montrant un effet positif, sont mis en évidence. Toutes celles qui n'y sont pas arrivées sont jetées au placard, après je n'en sais pas plus.
Encore une fois les antidépresseurs ne sont pas dénués de toutes inutilité,le soucis venant comme j'ai déjà cru le lire d'un manque de règlementation sévère.
En parlant de dictature du bonheur, je suis tout à fait d'accord avec vous. Désormais dès que quelqu'un a un soucis, ça part dans "l'enculage de mouche".
Quand on parle de l'absence de grand traitements révolutionnaires depuis longtemps, on se situe à quelle échelle ? car plavix date seulement de 2000-2001. C'est un médicament très reconnu et très efficace. Après il est vrai que depuis cette date il y a un creux... Qui va en plus déboucher en 2012 sur la perte de brevets de médicaments importants (autrement dit ils vont passer dans le domaine public), chez sanofi chez GSK ou pfizer etc. Il y a donc bien un problème de renouvellement du portefeuille médicamenteux qui se concrétise d'année en année... |
|  | | Thibault Passionné


Inscrit le : 02 Sep 2007 Messages : 283
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Dim 2 Mar - 13:23 | |
| | Pour certains cas les antidepresseurs sont nécessaires . Je regrette surtout le fait que les psychiatres soient trop influençables par les VRP de grandes boites pharma . Ce qui fait que les psy n'ont qu'une connaissance limitée des médocs et ne connaissent pas toujours les alternatives . |
|  | | Pasdeparanoia Agitateur


Inscrit le : 12 Mar 2007 Messages : 2800
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 3 Mar - 10:51 | |
| D’après l’article que j’ai lu, l’effet placébo est réel sur les cas bénins, genre ma copine qui déprime en hiver, on lui prescrit du PROZAC à la demande. Par un médecin, et non un psychothérapeute. Il est plus facile de remplir une ordonnance que de prendre le temps d’écouter son patient. Pour moi, un bon toubib ça passe au moins une heure avec son patient… Mais en une heure, on perd des clients. Et il est vrai que les labos ont une politique commercial très agressive.
La grande mode étant de créer des maladies, et donc des traitements. La dictature di bonheur s’inscrit dans ce registre. Tout comme la dictature de la beauté, de la jeunesse, du ventre plat.
Le voilà.
Les nouvelles techniques publicitaires de l’industrie pharmaceutique
Pour vendre des médicaments, inventons des maladies
La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. A son image, ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. Et emploient pour cela les techniques de publicité les plus avancées. PAR ALAN CASSELS ET RAY MOYNIHAN
Il y a une trentaine d’années, le dirigeant d’une des plus grosses firmes pharmaceutiques au monde tint des propos fort éclairants. Alors proche de la retraite, le très dynamique directeur de Merck, Henry Gadsden, confia au magazine Fortune son désespoir de voir le marché potentiel de sa société confiné aux seuls malades. Expliquant qu’il aurait préféré que Merck devînt une sorte de Wrigley – fabricant et distributeur de chewing-gums –, Gadsden déclara qu’il rêvait depuis longtemps de produire des médicaments destinés aux... bien-portants. Parce qu’alors Merck aurait la possibilité de « vendre à tout le monde ». Trois décennies plus tard, le rêve de feu Henri Gadsden est devenu réalité. Les stratégies marketing des plus grosses firmes pharmaceutiques ciblent dorénavant les bien-portants de manière agressive. Les hauts et les bas de la vie de tous les jours sont devenus des troubles mentaux, des plaintes somme toute communes sont transformées en affections effrayantes, et de plus en plus de gens ordinaires sont métamorphosés en malades. Au moyen de campagnes de promotion, l’industrie pharmaceutique, qui pèse quelque 500 milliards de dollars, exploite nos peurs les plus profondes : de la mort, du délabrement physique et de la maladie – changeant ainsi littéralement ce qu’être humain signifie. Récompensés à juste titre quand ils sauvent des vies humaines et réduisent les souffrances, les géants pharmaceutiques ne se contentent plus de vendre à ceux qui en ont besoin. Pour la bonne et simple raison, bien connue de Wall Street, que dire aux bien-portants qu’ils sont malades rapporte gros. Au moment où la majorité des habitants des pays développés jouissent de vies plus longues, plus saines et plus dynamiques que celles de leurs ancêtres, le rouleau compresseur des campagnes publicitaires ou de sensibilisation, rondement menées, transforment les bien-portants soucieux de leur santé en souffreteux soucieux tout court. Des problèmes mineurs sont dépeints comme autant d’affections graves, de telle sorte que la timidité devient un « trouble d’anxiété sociale », et la tension prémenstruelle, une maladie mentale appelée « trouble dysphorique prémenstruel ». Le simple fait d’être un sujet « à risque » susceptible de développer une pathologie devient une pathologie en soi. L’épicentre de ce type de vente se situe aux Etats-Unis, terre d’accueil de nombreuses multinationales pharmaceutiques. Comptant moins de 5 % de la population mondiale, ce pays représente déjà près de 50 % du marché de la prescription de médicaments. Les dépenses de santé continuent à y grimper plus que n’importe où dans le monde, affichant une progression de presque 100 % en six ans – et ce, pas seulement parce que les prix des médicaments enregistrent des hausses drastiques, mais aussi parce que les médecins se sont mis à en prescrire de plus en plus. Depuis son bureau situé au cœur de Manhattan, M. Vince Parry représente le nec plus ultra du marketing mondial. Expert en publicité, il se spécialise dorénavant dans la forme la plus sophistiquée de la vente de médicaments : il s’emploie, de concert avec les entreprises pharmaceutiques, à créer de nouvelles maladies. Dans un article étonnant intitulé « L’art de cataloguer un état de santé », M. Parry a récemment révélé les ficelles utilisées par ces firmes pour « favoriser la création » de troubles médicaux (1). Parfois, il s’agit d’un état de santé peu connu qui jouit d’un regain d’attention ; parfois, on redéfinit une maladie connue depuis longtemps en lui donnant un autre nom ; parfois, c’est un nouveau dysfonctionnement qui est créé ex nihilo. Parmi les préférés de M. Parry se trouvent la dysfonction érectile, le trouble du déficit de l’attention chez les adultes et le syndrome dysphorique prémenstruel déjà évoqué – tellement controversé que les chercheurs estiment qu’il n’existe pas. Avec une rare franchise, M. Perry explique la manière dont les compagnies pharmaceutiques non seulement cataloguent et définissent leurs produits à succès tels que le Prozac ou le Viagra, mais cataloguent et définissent aussi les conditions créant le marché pour de tels médicaments. Sous la houlette de responsables marketing de l’industrie pharmaceutique, des experts médicaux et des gourous comme M. Perry s’assoient autour d’une table pour « trouver de nouvelles idées concernant des maladies et des états de santé ». Le but, dit-il, est de faire en sorte que les clients des firmes dans le monde entier appréhendent ces choses d’une manière nouvelle. L’objectif restant, toujours, d’établir une liaison entre l’état de santé et le médicament, de manière à optimiser les ventes. L’idée selon laquelle les multinationales du secteur aident à créer de nouvelles maladies semblera étrange à beaucoup ; elle est monnaie courante dans le milieu de l’industrie. Destiné à leurs dirigeants, un rapport récent de Business Insights témoigne ainsi que la capacité à « créer des marchés de nouvelles maladies » se traduit par des ventes se chiffrant en milliards de dollars. L’une des stratégies les plus performantes, d’après ce rapport, consiste à changer la façon dont les gens considèrent leurs affections sans gravité. Ils doivent être « convaincus » que « des problèmes acceptés tout au plus comme une gêne jusqu’à présent » sont, désormais, « dignes d’une intervention médicale ». Saluant le succès du développement de marchés profitables liés à de nouveaux troubles de la santé, le rapport affichait un bel optimisme quant à l’avenir financier de l’industrie pharmaceutique : « Les années à venir seront les témoins privilégiés de la création de maladies parrainée par l’entreprise. » Il est certes difficile, étant donné le large éventail d’affections possibles, de tracer une ligne clairement définie entre les bien-portants et les malades. Les frontières qui séparent le « normal » de l’« anormal » sont souvent fort élastiques ; elles peuvent varier drastiquement d’un pays à un autre et évoluer au cours du temps. Mais ce qui ressort clairement, c’est que, plus on élargit la définition d’une pathologie, plus cette dernière touchera de malades potentiels, et plus vaste sera le marché pour les fabricants de pilules et de gélules. Dans certaines circonstances, les experts médicaux qui rédigent les protocoles sont en même temps rétribués par l’industrie pharmaceutique, industrie qui s’enrichira selon que les protocoles de soins auront été écrits de telle ou telle façon. Selon ces experts, 90 % des Américains âgés souffriront d’un trouble appelé « hypertension artérielle » ; près de la moitié des Américaines sont affectées par un dysfonctionnement baptisé FSD (dysfonction sexuelle féminine) ; et plus de 40 millions d’Américains devraient être suivis du fait de leur important taux de cholestérol. Avec l’aide de médias à la recherche de gros titres, la toute dernière affection est régulièrement annoncée comme étant très largement présente dans la population, grave, mais surtout curable grâce aux médicaments. Les voies alternatives pour comprendre et soigner les problèmes de santé, de même que la réduction du nombre estimé de malades, sont souvent reléguées à l’arrière-plan, pour satisfaire une promotion frénétique des médicaments. La rémunération des experts en espèces sonnantes et trébuchantes ne signifie pas forcément l’achat d’une influence ; mais, aux yeux de nombreux observateurs, médecins et industrie pharmaceutique entretiennent des liens trop étroits. Si les définitions des maladies sont élargies, les causes de ces prétendues épidémies sont, en revanche, décrites aussi peu que possible. Dans l’univers de ce type de marketing, un problème de santé majeur, tel que les maladies cardio-vasculaires, peut être abordé par l’étroite lorgnette du taux de cholestérol ou de la tension artérielle d’une personne. La prévention des fractures de la hanche parmi les personnes âgées se confond avec l’obsession de la densité osseuse des femmes d’âge mûr en bonne santé. La détresse personnelle résulte largement d’un déséquilibre chimique de la sérotonine dans le cerveau. Le fait de se concentrer sur une partie fait perdre de vue les enjeux plus importants, parfois au détriment des individus et de la communauté. Par exemple : si le but premier était l’amélioration de la santé, on pourrait utiliser de façon plus efficace quelques-uns des millions investis dans les coûteux anticholestérol destinés à des bien-portants, dans des campagnes de lutte contre le tabagisme, pour promouvoir l’activité physique et améliorer l’équilibre alimentaire. La « vente » des maladies se fait selon plusieurs techniques de marketing, mais la plus répandue reste celle de la peur. Pour vendre aux femmes l’hormone de substitution au moment de la ménopause, on a joué sur la peur de la crise cardiaque. Pour vendre aux parents l’idée selon laquelle la plus petite dépression requiert un traitement lourd, on a joué sur la peur du suicide des jeunes. Pour vendre les anticholestérol sur prescription automatique, on a joué sur la peur d’une mort prématurée. Et pourtant, ironiquement, les médicaments qui font l’objet de battage causent parfois eux-mêmes les dommages qu’ils sont censés prévenir. Le traitement hormonal de substitution (THS) accroît le risque de crise cardiaque chez les femmes, tandis que, semblerait-il, les antidépresseurs augmentent le risque de pensée suicidaire chez les jeunes. Au moins un des anticholestérol à succès a été retiré du marché parce qu’il avait entraîné le décès de « patients ». Dans l’un des cas les plus graves, le médicament pris pour soigner de banals problèmes intestinaux a occasionné une constipation telle que les malades en sont morts. Pourtant, dans ce cas comme dans bien d’autres, les autorités de régulation nationales semblent plus attachées à protéger les profits des compagnies pharmaceutiques que la santé publique. L’assouplissement aux Etats-Unis de la régulation de la publicité à la fin des années 1990 s’est traduit par une attaque sans précédent du marketing pharmaceutique en direction de M. Tout-le-Monde, soumis dorénavant à une bonne dizaine ou plus de spots publicitaires par jour. Les téléspectateurs de Nouvelle-Zélande connaissent le même sort. Ailleurs, le lobby pharmaceutique voudrait imposer le même genre de dérégulation. Il y a plus de trente ans, un franc-tireur du nom d’Ivan Illich tirait la sonnette d’alarme, affirmant que l’expansion de l’establishment médical était en train de « médicaliser » la vie elle-même, sapant la capacité des gens à affronter la réalité de la souffrance et de la mort, et transformant un nombre bien trop important de citoyens lambda en malades. Il critiquait le système médical « qui prétend avoir autorité sur les gens qui ne sont pas encore malades, sur les gens dont on ne peut raisonnablement pas s’attendre à ce qu’ils aillent mieux, sur les gens pour qui les remèdes des médecins se révèlent au moins aussi efficaces que ceux offerts par les oncles et tantes (2) ». Plus récemment, une rédactrice médicale, Mme Lynn Payer, décrivait à son tour un processus qu’elle appelait la « vente des maladies » : c’est-à-dire la façon dont les médecins et les firmes pharmaceutiques élargissaient sans nécessité les définitions des affections de façon à recevoir plus de patients et à commercialiser plus de médicaments (3). Ces écrits sont devenus de plus en plus pertinents à mesure que s’amplifiait le rugissement du marketing et que se consolidait l’emprise des multinationales sur le système de santé. Cet article est extrait de Selling Sickness. How Drug Companies Are Turning Us All Into Patients, Allen & Unwin, Crows Nest (Australie), 2005. ALAN CASSELS ET RAY MOYNIHAN. Alan Cassels Chercheur en politique des médicaments (université de Victoria, Canada). Ray Moynihan Journaliste, spécialiste de la santé (British Medical Journal, The Lancet, The New England Journal of Medicine). (1) Vince Parry, « The art of branding a condition », Medical Marketing & Media, Londres, mai 2003. (2) Cf. Ivan Illich, Némésis médicale, Seuil, Paris, 1975. (3) Lynn Payer, Disease-Mongers : How Doctors, Drug Companies, and Insurers Are Making You Feel Sick, John Wiley & Sons, New York, 1994. Sources de documentation La revue médicale PLoS Medicine propose, dans son numéro d’avril 2006, un important dossier sur « La fabrication des maladies ». En France, les revues Pratiques (grand public) et Prescrire (destinée aux médecins) évaluent les médicaments et portent un regard critique sur la définition des maladies. Jörg Blech, Les Inventeurs de maladies. Manœuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, Actes Sud, Arles, 2005. Philippe Pignarre, Comment la dépression est devenue une épidémie, Hachette Littératures, coll. « Pluriel », Paris, 2003. _________________ Wahou ! Elle est énorme ! |
|  | | Caton l'ancien Apprenti utopiste


Inscrit le : 11 Mar 2007 Messages : 83
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 3 Mar - 20:17 | |
| Je ne sais pas si tu poste cela en attendant une réponse de ma part.
Mais admettons que oui.
J'ai lu ce texte en diagonale, j'ai donc ommis certaines choses. Comme tous les textes cet article n'est pas exact quand cela l'arrange. Par exemple merck n'est pas un des plus grands groupes mondiaux, il ne figure même pas dans les 5 premiers à ma connaissance. La politique d'une entreprise d'un secteur n'illustre pas la politique du secteur entier sauf quand celle ci est en situation de monopole.
Peut on arrêter de faire des généralités ? de tirer à boulets rouges sur cette industrie ? Punaise mais quand je lis des trucs comme quoi au boulot j'exploite la peur des gens mais je suis un peu sidéré. J'ai peine à croire que tous ces défauts soit regroupés dans un seul et même secteur. Je ne suis pas expert pour contredire chaque point de ce long texte, mais ce que ne mentionne pas ce texte c'est la grosse responsabilité des médecins a qui on apprend tout au long de leur formation a prescrire des médicaments. Et ce ne sont pas les entreprise de la santé qui donnent les cours tout de même.
Il y a plein d'abus dans ce secteur, j'en suis conscient, mais je me suis rendu compte que toutes les entreprises de la santé ne fonctionnent pas comme cela. Ma réponse est très certainement imprecise mal construite mais j'essaye juste de retranscrire ce que j'ai ressenti en lisant ce texte. |
|  | | souris_verte Engagé


Inscrit le : 27 Mar 2007 Messages : 613
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Mar 4 Mar - 15:18 | |
| Prozac : ce fameux antidépresseur qui met de la "dentelle rose" dans la vie. C'est comme ça que mon médecin m'avait parlé de ce médicament lorsqu'il était sorti. En 90 à peu près. J'essayais à l'époque de me débarasser du Temesta, un anxiolytique qui selon un autre médecin "n'avait aucun effet secondaire" et qui me l'avait prescrit ! Bref, jouer aux cobayes ça va un moment. Surtout lorsqu'on connait le démarchage des firmes pharmaceutiques pour placer leurs merdes produits. Et le pauvre patient qui à tort ou à raison, n'arrive pas à dormir ou vivre normalement en raison de problèmes divers, qui fait confiance à son médecin tombe très vite dans une dépendance réelle ou psychologique vis à vis du petit cachet magique.
Les généralistes ne sont pas compétents pour délivrer ce genre de produits. Ils devraient être réservés aux psychiatres qui peuvent vraiment déterminer de quoi le patient a réellement besoin. C'est effectivement la facilité pour les généralistes que de filer une ordonnance d'antidépresseur plutôt que de prendre le temps nécessaire de l'écoute.
Quand aux visiteurs médicaux : cette pratique commerciale devrait tout simplement être interdite. Que les médecins prennent le temps de s'informer correctement sur les différentes revues médicales indépendantes des nouveaux médicaments. Sans faire une "confiance" absolue dans ces commerciaux qui leur offre en contre-partie pas mal de services et prestations qui vont de la simple invitation au restaurant aux séminaires aux Antilles en passant par du matériel (même si entre temps une législation est passée par là). Cette situation perdure j'ai quelques témoignages qui vont dans ce sens là. |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Mar 4 Mar - 18:37 | |
| | souris_verte a écrit: | Que les médecins prennent le temps de s'informer correctement sur les différentes revues médicales indépendantes des nouveaux médicaments. |
Il n'y en a qu'une à ma connaissance, c'est Prescrire, qui est (corollaire immédiat) assez coûteuse (mais de qualité).
Beaucoup de colloques et de séminaires sont organisés avec certains laboratoires pharmaceutiques (toujours à cause du financement).
Il ne faut pas se laisser abuser par l'appellation de "spécialiste"; un bon généraliste est préférable à un spécialiste influençable, et connaîtra généralement mieux ses patients parce qu'il a une vision globale (problèmes de santé spécifiques, mais aussi personnalité, contexte familial, professionnel, social, etc). Ce n'est que lorsque le problème est bien cerné, affectant un domaine particulier et nécessitant des soins spéciaux, que le généraliste va diriger le patient vers le spécialiste approprié.
En théorie c'est ainsi que ça devrait se passer, cependant la spécialisation est de plus en plus importante (mieux payée? moins contraignante?) en médecine, et les gens lui accorde une importance plus grande que ce qu'elle devrait être. Je pense notamment à certaines femmes qui traitent leur gynécologue comme leur médecin généraliste, ne venant voir que lui-elle (alors qu'il est déjà difficile de prendre rendez-vous chez un-e gynécologue, et que le médecin généraliste est habilité à effectuer les examens gynécologiques, et même poser des DIU). On rejoint encore la théorie du "dès que je sais que je risque quelque chose, même si c'est peu probable, je suis forcément dans un état grave et je dois voir les meilleurs spécialistes, c'est plus sûr". En fait, c'est la chose à ne pas faire, parce qu'on fait chier le monde en prenant des rendez-vous qu'on aurait pu prendre chez le généraliste (en faisant du même coup attendre ceux qui ont vraiment besoin du spécialiste), et que, de plus, mais ça c'est une impression personnelle à partir de discussions que j'ai eues, il semble que les spécialistes ont, de manière générale, plus tendance à prescrire des médicaments conseillés par les visteurs médicaux que les généralistes.
Sachant qu'évidemment, ici comme dans tous les domaines, on ne saurait étendre le cas d'un individu à toute une profession, qu'il existe de bons généralistes et spécialistes, et de mauvais généralistes et spécialistes. Je voulais juste en parler un peu car c'est encore un point de débat, on va dire, dans le monde de la santé.
Cependant, toi et Caton avez raison sur la nécessaire formation des médecins (généralistes ou spécialistes), et surtout sur l'indépendance de leur pratique (prescriptions, séminaires, revues) vis-à-vis des entreprises pharmaceutiques. Mais celle-ci est difficile à mettre en place, car tout cela coûte de l'argent. On revient toujours aux mêmes problèmes triviaux finalement. |
|  | | zongo Ermite.

Inscrit le : 10 Mar 2007 Messages : 2439
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Mer 5 Mar - 8:15 | |
| | Pasdeparanoia a écrit: | | Les anti dép, j'ai jamais testé. Ca fait quoi ? |
Si c'est bien dosé et adapté à tes besoins personnels tu ne sens pas l'effet. Ca sert uniquement à être dans un état de nerfs normal quand tu n'a pas la possibilité de l'être sans anti-dépresseur.
Par contre il y a pas mal de cas où ça merde, chaque personne répond différemment à tel ou tel produit. Il y a aussi une phase de transition d'environ deux semaines avant que le produit ne fasse vraiment effet et cette période peut être accompagnée d'effets secondaires indésirables. Beaucoup de gens n'arrivent pas à passer ce cap et concluent que les anti-dépresseurs c'est de la merde qui rend malade. Pareil, il ne faut pas arrêter ces médicaments du jour au lendemain, c'est en général à faire de façon dégressive. Tout le monde ne prend pas nécessairement cette précaution. Enfin, il y a des psys qui ont la main lourde et qui ont tendance à prescrire des doses suffisantes à assommer un cheval.
A mon sens les problèmes liés aux anti-dépresseurs viennent avant tout du psy plus que du produit en lui-même. C'est à lui d'interpréter suivant nos symptômes le meilleur remède et son dosage. Pas toujours évident d'y arriver du premier coup. _________________ "Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie." Arthur C. Clarke |
|  | | Pasdeparanoia Agitateur


Inscrit le : 12 Mar 2007 Messages : 2800
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Mer 5 Mar - 15:28 | |
| | Caton l'ancien a écrit: | Je ne sais pas si tu poste cela en attendant une réponse de ma part.
Mais admettons que oui.
J'ai lu ce texte en diagonale, j'ai donc ommis certaines choses. Comme tous les textes cet article n'est pas exact quand cela l'arrange. Par exemple merck n'est pas un des plus grands groupes mondiaux, il ne figure même pas dans les 5 premiers à ma connaissance. La politique d'une entreprise d'un secteur n'illustre pas la politique du secteur entier sauf quand celle ci est en situation de monopole.
Peut on arrêter de faire des généralités ? de tirer à boulets rouges sur cette industrie ? Punaise mais quand je lis des trucs comme quoi au boulot j'exploite la peur des gens mais je suis un peu sidéré. J'ai peine à croire que tous ces défauts soit regroupés dans un seul et même secteur. Je ne suis pas expert pour contredire chaque point de ce long texte, mais ce que ne mentionne pas ce texte c'est la grosse responsabilité des médecins a qui on apprend tout au long de leur formation a prescrire des médicaments. Et ce ne sont pas les entreprise de la santé qui donnent les cours tout de même.
Il y a plein d'abus dans ce secteur, j'en suis conscient, mais je me suis rendu compte que toutes les entreprises de la santé ne fonctionnent pas comme cela. Ma réponse est très certainement imprecise mal construite mais j'essaye juste de retranscrire ce que j'ai ressenti en lisant ce texte. |
Précision : La société anonyme Merck et CO représente la troisième plus grande entreprise pharmaceutique du monde. Merck KGaA fait partie des meilleurs chiffres d’affaires du monde au niveau des fabricants de génériques et dans différents pays. Wikipédia.
Je ne fais pas de généralité. Je donne le résultat d’une enquête. J’ai moi-même travaillé pour Sanofi, et je ne me sens pas responsable pour autant des business plan des conseils d’administration. Mais l’industrie pharmaceutique obéie aux mêmes lois du marché que toutes les autres. Créer une dépendance est le meilleur moyen de s’assurer un bon retour sur investissement. Chercher la rentabilité au détriment de la santé publique n’est pas un problème pour ces messieurs. L’exemple le plus frappant est l’histoire presque banale du vaccin universel contre la grippe. Boycotté par les labos qui y perdent une formidable rente annuelle. Effectivement, le nouveau développé par le VIB et dirigés par Walter Fiers dure dix ans et cible toutes les variantes, alors qu’aujourd’hui, un cocktail est réactualisé tous les ans. La grippe touche 10 à 20 % de la population mondiale. Fais le calcul. _________________ Wahou ! Elle est énorme ! |
|  | | Savinien Roquet.

Inscrit le : 10 Mar 2007 Messages : 2084
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 10 Mar - 2:19 | |
| | Citation: | Pasdeparanoia a écrit: Les anti dép, j'ai jamais testé. Ca fait quoi ? | Essaye pas => tu bandes mou !!!
Pour le cana et ses dérivés, ça rend effectivement tout aussi acro qu'un autre anti-dépresseur. Les chercheurs d'ailleurs ne font plus de distingo entre dépendence psychique et physique. De toute façon, le cana (comme le reste) provoque la surppression de la fabrication d'une certaine hormone (ou un truc dans le genre) faisant la liason entre certains machins du cerveau. Quand t'arrête de fumer, ton cerveau met le temps à remettre la production en marche donc tu ressens un manque. L'effet placebo joue aussi fortement.
Sinon, tu parlais des médecins qui n'écoutent pas assez, ton amie peut toujours essayer les prêtres. Eux ne perçevoient pas d'honoraires (les psy reconnaissent d'ailleurs en eux une fameuse concurrence).
J'ai pris un temps des Dominal forte (les petites pilules roses ) comme somnifère : ça t'assome, t'as la gueule de bois et tu planes pas, tu dors. Je n'ose même pas vous parler de mon humeur. Perso je pense que le sport, les amis et le sexe sont les meilleurs anti-dépresseurs qui soient. Bref, je crois surtout que l'on a développé une croyance irrationnelle dans ces médocs d'ou l'effet placebo. |
|  | | karg se Ayatollah


Age : 26 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 2734 Localisation : Cestas
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 10 Mar - 9:10 | |
| 
Un point correspond à une étude, indiquant donc simultanément le score du placebo et celui du médicament. Si un point est sur la diagonale, cela signifie que le placebo a été aussi efficace que le médicament; s'il est au dessus, que le placebo a été plus efficace; s'il est au dessous, que le médicament a été plus efficace.
Dans ces études la moyennes d'écart est de 1.8, il faut 3 (chiffre arbitraire) pour considérer le médicament plus efficace que le placebo. Donc cet étude conclu un peu vite que les antidépresseurs sont inefficaces, ils sont juste peu efficace (normal puisque qu'ils ne soignent que les symptômes, pas les cause). La question est : êtes vous prêt (ou la sécu) à payer pour des médicaments d'une efficacité faible et aléatoire ? _________________ Les grandes démocraties, qui ont tous les moyens,ne font plus peurs parce qu'elles ne donnent pas l'exemple. Ceci ne peut plus durer, elles doivent êtres exemplaires, lier la parole à l'acte, comme Barrack Obama l'a dit. Alpha Oumar Konaré, ancien président malien, ancien président de la Commission de l'Union africaine. |
|  | | Ady Saltimbanque.

Age : 21 Inscrit le : 27 Juin 2007 Messages : 1282 Localisation : Essonne
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 10 Mar - 11:02 | |
| On m'avait obligé à en prendre moi... du tranxène, du xanax, ... a part les effets secondaires et l'air vide d'émotions... ça m'a absolument pas servis... sauf peutetre pour éviter des crises passagères... _________________ Travaille à contrer Babylone Obéit à ton esprit Consomme le strict minimum et Oublie tout ce qu'on t'as appris Insiste, persiste, résiste, existe ! |
|  | | Messaline Prêtresse de Sapho


Age : 21 Inscrit le : 13 Oct 2007 Messages : 2091
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 10 Mar - 11:29 | |
| Je n'aime pas trop prendre de médicaments; je n'ai jamais pris d'anti-dépresseurs, maman me donnait juste des trucs homéopathiques mais ça n'a jamais marché Même les médocs normaux j'évite. Mais en même temps, j'en ai rarement besoin (on va dire 1 ou 2 fois l'an), donc c'est tout à fait normal.
Je me drogue pas, et je n'abuse pas de l'alcool non plus, pour cette même raison. Je n'aime pas l'idée qu'une substance puisse "décider à ma place" de ce que je dois penser. J'ai envie que mon cerveau reste actif, et quand c'est la substance qui fait tout le boulot, on est passif, donc je sais pas. Ça me rebute, tous ces trucs. _________________
"Je suis Pazuzu, fils de Hanpa. Le roi des mauvais esprits des vents qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi.''  |
|  | | Ady Saltimbanque.

Age : 21 Inscrit le : 27 Juin 2007 Messages : 1282 Localisation : Essonne
 | Sujet: Re: Les anti dépresseurs. Lun 10 Mar - 11:34 | |
| ... certains drogues ouvrent de nouveaux horizons, de nouvelles approches... une autre façon de percevoir le monde, de prendre un certain recul... sans forcément décider à ta place... sous kanna, je me contrôle parfaitement... Sans vouloir faire de l'incitation ^^ _________________ Travaille à contrer Babylone Obéit à ton esprit Consomme le strict minimum et Oublie tout ce qu'on t'as appris Insiste, persiste, résiste, existe ! |
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